Séminaires: Comment les entreprises motivent les salariés en temps de crise

MANAGEMENT Les organisateurs d'événements professionnels ont pu faire leur marché au salon du tourisme d'affaires «Réunir», qui s’est tenu à Paris les 12 et 13 septembre...

Claire Planchard

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Les professionnels du tourisme d'affaires ont dû s'adapter au nouveau contexte de de crise en modifiant leurs offres.
Les professionnels du tourisme d'affaires ont dû s'adapter au nouveau contexte de de crise en modifiant leurs offres. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Haro sur le «bling-bling», place à la sobriété. Aujourd’hui, frappées ou épargnées par la crise, les entreprises qui organisent des séminaires pour leurs salariés veulent concilier plaisir et responsabilité.

Du haut de gamme sans ostentation

«Quand on emmène une entreprise sur un lieu, on véhicule son image. On veut donc toujours surprendre pour faire plaisir, et on cherche pour cela du haut de gamme mais surtout sans ostentation», explique Philippe Perrier, directeur de Kundisi, le premier courtier en séminaires.

A Monaco, temple de la jet-set, les professionnels du tourisme d’affaires le confirment: le vent a tourné depuis le début de la crise. «Si la destination séduit toujours par sa touche glamour et haut de gamme, on joue sur d’autres composantes comme la qualité des infrastructures, le bien-être ou l’écologie, pour nuancer cette connotation festive», explique Marion Faivre, chargée de promotion à la direction du tourisme et des congrès de la principauté. 

Moins loin, moins longtemps

Qui dit crise, dit aussi budget serré. Et donc un nombre de participants et de nuitées réduit pour ces événements. «Sur trois jours de séminaires, les entreprises veulent conserver les réunions de travail, donc elles réduisent en premier le temps de transport en allant plus près, puis elles limitent les activités périphériques à une demi-journée», résume Philippe Rivière.

Le croisiériste Costa ne s’y est pas trompé: depuis 2008, il ne propose presque plus que des «mini-croisières» de 2 à 5 jours, contre une semaine auparavant. «Les entreprises veulent surtout de la personnalisation en privatisant un maximum d’espaces. Pour les activités, les excursions lors des escales suffisent», explique Frédéric Saint-Paul, responsable «incentive» du groupe.

Etonner sans se ruiner

Pour les hôteliers comme les prestataires d’événements, c’est alors un peu la quadrature du cercle pour trouver la formule adaptée. «Avant, on nous demandait “surprenez-nous quel que soit le prix”». Aujourd’hui, on veut toujours être surpris mais avec des activités flexibles et pas trop chères», confirme Enric Tores, directeur du tourisme d’Andorre.

Dans ce contexte, les activités spectaculaires mobilisant «de gros engins mécaniques» très coûteux ou nécessitant une logistique importante, comme des régates en bateau ou des expéditions nocturnes, se font donc plus rares. Au contraire, les activités autour du patrimoine, de la gastronomie et de la nature prospèrent.

«Les entreprises veulent toujours un événement original mais aussi qui ait du sens, qui soit dans le domaine de l’écologie ou une valeur sociétale», observe Sophie de Wispelaere, manager associée d’Evolution 2, des «professionnels de l’aventure au service du tourisme d’affaires». Challenges sportifs en bikeboard ou en solex électriques rencontreraient ainsi leur petit succès. Une petite touche «d’éco-responsabilité» à peu de frais.

Mais attention toutefois de ne pas décevoir, prévient Philippe Rivière: «Le développement durable n’est pas encore entré dans notre culture: si vous demandez aux salariés de choisir entre une course de kart et une promenade en forêt, la réponse ne fait pas de doute. Les salaires attendent quand même qu’il se passe quelque chose, pas de faire la cuisine eux-mêmes