Les Parisiens ont quatre fois moins d'arrêts maladie que les Toulonnais

RAPPORT Selon une étude de la Cour des comptes, la durée des indemnités journalières varie considérablement d'un département à l'autre et ce, sans réelle explication...

Céline Boff

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Illustration d'arrêts de travail.
Illustration d'arrêts de travail. — DURAND FLORENCE/SIPA

Vous souvenez-vous du nombre de jours pendant lesquels vous avez été en arrêt maladie en 2010? La réponse pourrait être 9. C’est en tout cas la moyenne par salarié, selon les chiffres présentés ce jeudi par la Cour des comptes

Dans son vaste rapport sur la Sécurité sociale, cette institution a entre autres analysé les indemnités journalières pour maladies en France. Et si la durée moyenne se situe très exactement à 9,1 jours par salarié, elle varie considérablement selon les départements.

2,7 jours en moyenne à Paris

Ainsi, en 2010, les Parisiens comptabilisent quatre fois moins d’arrêts maladie que les Toulonnais, avec une moyenne par salarié à 2,7 jours à Paris contre 13 dans le Var. Les salariés des Hauts-de-Seine et de Paris sont d’ailleurs ceux qui comptabilisent le moins de journées d’arrêts de travail. Parmi les départements enregistrant plus de 11 jours indemnisés par salariés, il y a par exemple l’Ardèche, l’Isère, le Gard, l’Eure, le Jura, la Moselle, le Nord, l’Oise ou encore le Tarn.

Une fois encore, la durée des arrêts maladie diffère selon les territoires. Si les arrêts maladie de plus de trois mois représentent 11% du total des arrêts en 2010, leur part est supérieure en Corse (17%) dans les Bouches du Rhône (15%) dans le Var, le Vaucluse et le Tarn (14%). En revanche, ils sont nettement inférieurs en Ile-de-France, en Alsace, dans l’Aube et le Doubs (7 à 8%).

Mais alors, comment s’expliquent ces différences? «Les inégalités observées en termes de fréquence et de durée des arrêts sur le territoire demeurent largement inexpliquées», répond Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes.

De 6 à 34 jours pour une opération de la cataracte

Autre point étrange soulevé par le rapport: la durée d’arrêt maladie qui varie également considérablement… pour le même acte. Ainsi, si la durée moyenne d’arrêt est de 21 jours pour une opération de la cataracte, 25% des patients n’ont que 6 jours alors que 20% disposent de plus de… 34 jours. Par ailleurs, si un médecin généraliste prescrit en moyenne 2.700 journées d’arrêt maladie, les 10% de médecins les plus actifs en la matière en prescrivent trois fois plus, soit 7.900.

Reste la question des contrôles. S’ils progressent de 4% par an depuis 2003, «les nombreux dispositifs de contrôle des assurés se caractérisent par une absence de cohérence d’ensemble», avance la Cour des Comptes, qui estime que leur ciblage est «faible» tout comme l’est d’ailleurs le nombre de fraudes détectées.

Pour l’institution, redéfinir cette politique des contrôles se révèle donc «indispensable». Elle insiste également sur la nécessité de mieux responsabiliser les assurés sociaux, les entreprises et le corps médical.

Enfin, le délai de paiement, qui était en moyenne de 38,5 jours en 2011, peut aller «jusqu’à plusieurs centaines de jours», ce que la Cour juge non satisfaisant. Et pourtant, la gestion de ces indemnités occupe l’équivalent de 5.300 temps plein. Pour la Cour des comptes, la qualité de service en la matière n’est pas «satisfaisante».

Un coût qui progresse

Les indemnités journalières pour maladies ont représenté 6,4 milliards d’euros en 2011. Elles ont progressé de presque 50% depuis 2000.