Comment l'Allemagne a sauvé et amélioré ses TER

Mathieu Bruckmüller

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Gare de Toulouse-Matabiau.
Gare de Toulouse-Matabiau. — F. SCHEIBER / 20 MINUTES

Le train de la concurrence arrive. Après le transport de marchandises en 2003, les services internationaux de voyageurs en 2010, la fin du monopole des Intercités et des TER est attendue pour décembre 2019. Une échéance qui amène la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut) à presser l'Etat d'agir au plus vite pour la libéralisation des TER via des délégations de service public.

Un coût de 5 milliards d'euros
Un impératif renforcé par la crise empêchant les régions, qui en ont la charge, d'investir. « La dégradation des infrastructures menace la pérennité de certaines lignes régionales », s'alarme la Fnaut. Selon un rapport réalisé en 2009 par la Cour des comptes, le coût du TER s'élève à cinq milliards d'euros par an. Ce rapport proposait de transférer sur route les services TER peu utilisés, afin de limiter la charge des collectivités. « Cette perspective de régression du TER réapparaît aujourd'hui », s'inquiète l'association. Or, une solution existe pour éviter ce scénario : prendre exemple sur le modèle allemand. Une étude menée par l'économiste Jean-Marie Beauvais souligne la démarche gagnant-gagnant opérée outre-Rhin, dès 1995, avec la fin du monopole de la Deutsche Bahn, l'équivalent de la SNCF. Grâce à un système d'appel d'offres attribuant le marché au mieux-disant, l'offre de service a progressé de 8,5 %, avec un bond de la fréquentation de 38 % et une réduction des subventions publiques de 25 %. Qui dit mieux ? Un remède miracle que Jean-Marie Beauvais a extrapolé pour l'Hexagone. Selon ses calculs, sans augmenter la subvention d'équilibre versée au transporteur, les régions obtiendraient une progression de la fréquentation de 12 % des TER, avec une amélioration limitée de la productivité des agents, et même de 50 % si cette dernière était boostée (temps annuel de travail relevé, billetterie embarquée…). Sans compter la réduction annuelle des émissions de CO2, qui équivaudrait à celle de 15 000 à 60 000 Français, selon les scénarios.