Le mal-être à La Poste est officiellement réel

SOCIAL Les conclusions du rapport sur «Le bien-être au travail à La Poste», commandé en mars par Jean-Paul Bailly, PDG du groupe, viennent d'être dévoilées et témoignent d'un malaise réel des postiers...

Céline Boff

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Photo d'illustration du logo de la Poste.
Photo d'illustration du logo de la Poste. — GILE MICHEL/SIPA

Il y a un an, une salariée du Centre financier de La Poste, à Paris, se suicidait sur son lieu de travail. Six mois plus tard, deux autres postiers se donnaient la mort, également sur leur lieu de travail. Ce qui poussait Jean-Paul Bailly, PDG du groupe, à commander un rapport sur le bien-être au travail à La Poste, dont les conclusions ont été rendues publiques mardi.

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Pilotée par une personnalité extérieure à l’entreprise –l’ancien leader de la CFDT Jean Kaspar- cette mission a permis à ses membres de rencontrer près de 500 personnes en six mois, depuis les salariés jusqu’aux dirigeants, en passant par les syndicalistes.

L’absence d’écoute mise en avant

Pour Jean Kaspar, «La Poste a mené une transformation nécessaire avec l’exigence très forte de maintenir son modèle social». Et pourtant, les indicateurs sont préoccupants, notamment en matière d’absentéisme –il représente l’équivalent de 16.500 agents sur une année, selon le rapport– et d’accidents du travail –plus de 10.000 sont enregistrés chaque année depuis 2001 et ce, malgré la forte réduction des effectifs.

Si le mal-être des postiers est réel, ses causes sont multiples. Parmi les principales, citons une pression trop forte du fait du manque d’effectifs, un dialogue social trop formalisé laissant peu de place aux salariés, un pilotage de l’entreprise et des ressources humaines pas assez centralisé, ce qui se traduit par des conditions et règles de travail différentes d’un métier à un autre, et surtout, l’absence d’écoute. «Des réunions, il y en a, mais elles sont organisées pour convaincre, pour expliquer, et non pour entendre», insiste Jean Kaspar.

4.500 à 5.000 recrutements nécessaires

Jean Kaspar ne remet pas en cause les réorganisations en cours dans le groupe, «un service public doit aussi démontrer sa légitimité en étant performant», dit-il. Mais certains facteurs sont à prendre en compte, comme le vieillissement des effectifs. «Est-il utile de rappeler que l’on ne peut être facteur à 55 ans comme à 35 ans?» interroge-t-il.

Parmi ses recommandations, Jean Kaspar insiste sur la nécessité d’embaucher, notamment pour permettre aux salariés de disposer de davantage de temps pour se former. Selon lui, 4.500 à 5.000 recrutements en deux ans seraient nécessaires. Insuffisant, répondent déjà les syndicats qui mettent en avant la casse de l’emploi –entre 8.000 et 10.000 postes sont supprimés chaque année et «4.217 l’ont été sur le premier semestre 2012», avance Christian Klowsklowky, de la CGT.

Si les syndicats regardent plutôt d’un bon œil le rapport Kaspar, ils attendent surtout la suite. Jean-Paul Bailly les a conviés vendredi pour leur présenter ses propositions. Déjà très attendues par les postiers. Pour le PDG, l’enjeu est de ne pas décevoir. A fortiori quand le mal-être au travail focalise tant l’attention et se traduit, chaque année en France, par plus de 400 suicides.

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