Les prix des carburants repartent à la hausse

ENERGIE Le gazole a regagné 1,4 centimes la semaine passée...

M.B.
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Illustration pompe à essence.
Illustration pompe à essence. — GILLES VARELA/20 MINUTES

Un coup d’épée dans l’eau? La baisse annoncée fin août par le gouvernement sur les prix des carburants jusqu’à six centimes par litre a déjà du plomb dans l’aile.

Selon le site Carbeo, le prix moyen du gazole, utilisé par 80% des automobilistes, a repris 1,4 centime sur la semaine du 2 au 9 septembre, s'établissant à 1,421 euro par litre en moyenne. Après la baisse qui avait atteint presque six centimes suite au coup de pouce de l’Etat et des distributeurs, le repli n’est plus que de 4,6 centimes par litre. En ce qui concerne le sans-plomb 95 et le 95-E10, la hausse de la dernière semaine a été comprise entre +0,9 centime et 1,9 centime pour un prix moyen  de 1,608 et de 1,597. La baisse suite aux décisions prises fin août est donc de -5,1 centimes à - 4,1 centimes. Sur la dernière semaine, seul le sans-plomb 98 est resté stable à 1,651 euro par litre. La baisse sur ce carburant depuis le 28 août s'établit à -4,7 centimes.

Des temps durs en perspective

Et les conducteurs doivent se préparer à des temps encore plus difficiles. Déjà en juin, l’Automobile club association s’alarmait de la flambée des prix à la pompe pour le budget des automobilistes. Et ce mardi,  le Centre d'analyse stratégique avertit que la France doit se préparer à des prix du pétrole durablement élevés et de plus en plus volatils. «Un consensus émerge aujourd'hui sur le maintien de prix du pétrole élevés (supérieurs à 100 dollars le baril) et volatils dans les années à venir (...), amplifiant pour la France les effets négatifs sur la croissance économique d'une facture pétrolière (plus de 49 milliards d'euros en 2011) qui pèse de plus en plus lourd dans notre déficit commercial», souligne le Centre. Cette étude d'une quinzaine de pages revient sur les perspectives d'évolution de l'offre et de la demande pétrolière, et prévient qu'il existe «un risque de déséquilibre massif à partir de 2020», d'après certains scénarios qui tablent sur un déclin marqué de la production de pétrole dite conventionnelle (les gisements dits classiques, comme ceux exploités au Moyen-Orient) à cet horizon.

Face au risque d'une stagnation, voire d'un déclin prononcé de la production conventionnelle, nombres d'analystes prévoient que l'extraction des réserves non conventionnelles (sables bitumineux, gisements sous-marin très profonds ou arctiques, huiles de schiste...) puisse «prendre le relais», tempère le centre, tout en prévenant qu'elles représentent une ressource «au potentiel encore très incertain». C'est pourquoi, vu les incertitudes sur la production pétrolière, le Centre préconise que la France suive «une politique énergétique rigoureuse de réduction» de sa consommation pétrolière.

 >> Découvrir le rapport par ici