En images : Le réalisateur Jean-Luc Godard de la Nouvelle Vague est mort à l’âge de 91 ans

cinéma Cigare à la bouche et esprit frondeur, il a marqué des générations de cinéphiles

O.J. avec AFP
Jean-Luc Godard à l'émission 7/7 en 1983, à Paris.
Jean-Luc Godard à l'émission 7/7 en 1983, à Paris. — MICHEL GINIES/SIPA

Le cinéaste franco-suisse Jean-Luc Godard, un des pères de la Nouvelle Vague, s'est éteint « paisiblement » mardi à son domicile dans la petite commune de Rolle en Suisse en ayant recours à l'assistance au suicide, il avait 91 ans. Cigare à la bouche et esprit frondeur, Jean-Luc Godard a marqué des générations de cinéphiles avec ses films cultes comme A bout de souffle ou Le mépris, ses innovations formelles et ses provocations. Portons un regard, en images, sur la vie de ce monument de l'histoire du cinéma.


Réalisation : Olivier JUSZCZAK

  • L’actrice américaine Jean Seberg et le réalisateur français Jean-Luc Godard en mars 1960.
    L’actrice américaine Jean Seberg et le réalisateur français Jean-Luc Godard en mars 1960. — AFP

    Né à Paris le 3 décembre 1930 d’un père médecin et d’une mère issue d’une riche famille protestante, il grandit en Suisse dans un milieu raffiné. En conflit avec sa famille, il revient à Paris et s’inscrit à la Sorbonne pour étudier l’ethnologie, mais il préfère fréquenter les ciné-clubs.

  • Jean-Paul Belmondo dans "A bout de souffle" réalisé par Jean-Luc Godard en 1959.
    Jean-Paul Belmondo dans "A bout de souffle" réalisé par Jean-Luc Godard en 1959. — NANA PRODUCTIONS/SIPA

    Aux Cahiers du cinéma, où il signe dans les années 1950, il côtoie des jeunes gens créatifs et turbulents : François Truffaut, Éric Rohmer ou Claude Chabrol, tous opposés au « cinéma de papa ».

  • Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo dans "A bout de souffle" réalisé par Jean-Luc Godard en 1959.
    Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo dans "A bout de souffle" réalisé par Jean-Luc Godard en 1959. — NANA PRODUCTIONS/SIPA

    Son premier long-métrage, A bout de souffle (1960), avec Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg, devient le manifeste esthétique de la Nouvelle Vague et sera son plus grand succès public.

  • Affiche du film "Le Mépris" réalisé par Jean-Luc Godard en 1963.
    Affiche du film "Le Mépris" réalisé par Jean-Luc Godard en 1963. — INTERFOTO USA/SIPA

    En 1963, c’est le succès public du film Le mépris, avec Brigitte Bardot et Michel Piccoli.

  • Brigitte Bardot et Michel Piccoli dans une scène du film "Le mépris réalisé par Jean-Luc Godard en 1963.
    Brigitte Bardot et Michel Piccoli dans une scène du film "Le mépris réalisé par Jean-Luc Godard en 1963. — NANA PRODUCTIONS/SIPA

    Le mépris, film dans lequel Brigitte Bardot, nue sur un lit, demande à Michel Piccoli : « Et mes fesses, tu les aimes, mes fesses ?….»

  • Tournage de Jean-Luc Godard sur le tournage du film Pierrot le fou à la presqu’île de Gien, le 17 juin 1965.
    Tournage de Jean-Luc Godard sur le tournage du film Pierrot le fou à la presqu’île de Gien, le 17 juin 1965. — PIERRE MANCIET/DALMAS/SIPA

    En 1961, il épouse Anna Karina, une jeune actrice danoise qui jouera dans sept de ses films dont Le Petit Soldat - sur un déserteur pendant la Guerre d’Algérie, un temps interdit –, Une femme est une femme et Pierrot le fou en 1965.

  • Jean-Paul Belmondo et Anna Karina sur le tournage du film "Pierrot le fou" de Jean-Luc Godard en 1965.
    Jean-Paul Belmondo et Anna Karina sur le tournage du film "Pierrot le fou" de Jean-Luc Godard en 1965. — PIERRE MANCIET/DALMAS/SIPA

    Pierrot le fou, avec Jean-Paul Belmondo et l’épouse de Jean-Luc Godard, Anna Karina, est l’un de ses chefs-d’œuvre.

  • L’actrice française Brigitte Bardot s’entretient avec l’acteur Antoine Bourseiller sur le tournage de "Masculin-Féminin" réalisé par Jean-Luc Godard à Paris, le 27 novembre 1965.
    L’actrice française Brigitte Bardot s’entretient avec l’acteur Antoine Bourseiller sur le tournage de "Masculin-Féminin" réalisé par Jean-Luc Godard à Paris, le 27 novembre 1965. — DALMAS/SIPA

    Deux ans plus tard, il rencontre Anne Wiazemsky. Débutent alors les « années Mao », période plus radicale de sa vie, dominée par La Chinoise (1967), joué par Anne qu’il épouse.

  • Le cinéaste d’origine suisse Jean-Luc Godard (d) le poète Alain Jouffroy (2e -g) et le poète communiste Eugène Guillevic (3-ème-g) marchent, en compagnie des membres du Syndicat des acteurs, à Paris le 29 mai 1968, pendant la grève générale de Mai-68.
    Le cinéaste d’origine suisse Jean-Luc Godard (d) le poète Alain Jouffroy (2e -g) et le poète communiste Eugène Guillevic (3-ème-g) marchent, en compagnie des membres du Syndicat des acteurs, à Paris le 29 mai 1968, pendant la grève générale de Mai-68. — AFP

    Jean-Luc Godard participe activement à Mai-68. Avec un coup d’éclat, la descente à Cannes qui entraînera l’annulation du festival, aux côtés de Truffaut, Claude Lelouch, Claude Berri, Jean-Pierre Léaud…

  • Jean-Luc Godard filmant une manifestation de Mai-68 à Paris.
    Jean-Luc Godard filmant une manifestation de Mai-68 à Paris. — LE CAMPION/SIPA

    « Je vous parle solidarité avec les étudiants et les ouvriers et vous me parlez travelling et gros plan ! Vous êtes des cons ! », lance-t-il.

  • Jean-Luc Godard à l’émission 7/7 en 1983, à Paris.
    Jean-Luc Godard à l’émission 7/7 en 1983, à Paris. — MICHEL GINIES/SIPA

    En 1971, il est victime d’un grave accident de moto quelques mois après sa séparation avec Anne Wiazemsky. C’est à ce moment qu’il se lie avec la scénariste Anne-Marie Miéville. D’elle, il dira : « il y a eu les femmes dans mes films et la femme dans ma vie ».

  • Le réalisateur suisse Jean-Luc Godard accompagné de l’actrice française Nathalie Baye posent pour la présentation du film "Sauve qui peut (la vie)", le 22 mai 1980, lors du 33e Festival international du film de Cannes.
    Le réalisateur suisse Jean-Luc Godard accompagné de l’actrice française Nathalie Baye posent pour la présentation du film "Sauve qui peut (la vie)", le 22 mai 1980, lors du 33e Festival international du film de Cannes. — RALPH GATTI/AFP

    Après s’être consacré un temps à la vidéo, il revient dans les années 1980 à la fiction avec Sauve qui peut (la vie), avec Nathalie Baye, Isabelle Huppert et Jacques Dutronc.

  • Festival de Venise en septembre 1983.
    Festival de Venise en septembre 1983. — LEHR/SIPA

    Jean-Luc Godard reçoit le Lion d’or 1983 à la Mostra de Venise pour son film Prénom Carmen.

  • L’actrice Nathalie Baye et son compagnon Johnny Hallyday arrivent au Majestic hôtel le 10 mai 1985 durant le Festival de Cannes, pour assister à la projection du film "Détective" dans lequel ils ont tourné sous la direction de Jean-Luc Godard.
    L’actrice Nathalie Baye et son compagnon Johnny Hallyday arrivent au Majestic hôtel le 10 mai 1985 durant le Festival de Cannes, pour assister à la projection du film "Détective" dans lequel ils ont tourné sous la direction de Jean-Luc Godard. — AFP

    En 1985, il réunit le couple Nathalie Baye Johnny Hallyday à l'écran avec le film Détective.

  • Jean-Luc Godard aux Bains Douches pour l’émission "Bains de minuit" de Thierry Ardisson, à Paris, en décembre 1987.
    Jean-Luc Godard aux Bains Douches pour l’émission "Bains de minuit" de Thierry Ardisson, à Paris, en décembre 1987. — GINIES/SIPA

    Il revient ensuite par à-coups dans l’actualité comme avec sa monumentale Histoire(s) du cinéma, réalisée de 1988 à 1998, livre et films de collages et de citations.

  • 23e cérémonie des Césars, à Paris, en février 1998.
    23e cérémonie des Césars, à Paris, en février 1998. — NIVIERE/VILLARD/SIPA

    Cinéaste parmi les plus étudiés dans le monde, il est honoré par un César et un Oscar pour sa carrière.

  • Fabrice Aragno, à droite reçoit la Palme d’or spéciale au nom du réalisateur Jean-Luc Godard, à l’écran, pour son film "Le livre d’images" lors de la cérémonie de clôture du 71e festival international du film, Cannes, le 19 mai 2018.
    Fabrice Aragno, à droite reçoit la Palme d’or spéciale au nom du réalisateur Jean-Luc Godard, à l’écran, pour son film "Le livre d’images" lors de la cérémonie de clôture du 71e festival international du film, Cannes, le 19 mai 2018. — VIANNEY LE CAER/AP/SIPA

    Entré dans une nouvelle phase expérimentale, il présente à Cannes, sans jamais venir, Film socialisme en 2010, puis Adieu au langage en 2014, œuvre inclassable en 3D récompensée par le Prix du jury. En 2018, une Palme d’Or « spéciale » lui est décernée pour Le livre d’image. Le cinéaste franco-suisse s’éteint le mardi 13 septembre 2022, à 91 ans, en ayant recours à l’assistance au suicide.

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