«Cloud computing»: les internautes sont sceptiques

DEBAT La pollution provenant des serveurs fait réagir mais ne changera pas nécessairement le comportement des internautes...

L. B.

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Calculer un itinéraire, gérer ses déplacements... Internet facilite les recherches.
Calculer un itinéraire, gérer ses déplacements... Internet facilite les recherches. — J.-S. EVRARD / 20 MINUTES

Profitant de la sortie imminente de l’iPad aux Etats-Unis, Greenpeace a diffusé un rapport sur les impacts climatiques provenant du nuage de données (cloud computing) mercredi 31 mars pour sensibiliser les serveurs à adopter un comportement plus écologique. Les émissions de gaz à effet de serre provenant du nuage de données représentent 2% des émissions globales. L’idée de l’ONG est d’inciter ces entreprises à s’approvisionner en énergie propre et de privilégier des lieux favorables au faible coût du refroidissement. Pensez-vous changer votre comportement à l’égard d’Internet?

Des ONG moralisatrices  

Dans l’ensemble, vous ne comptez pas arrêter de surfer sur la toile. Beaucoup d’entre vous sont sceptiques, attaquant même les organismes écologiques dont vous critiquez la posture moralisatrice. «Greenpeace joue les donneurs de leçons», s’énerve Jean-Jacques Cortes. D’autres ont le sentiment que tout leur est interdit. «A force de tout contester, contredire, ils en font trop», s’insurge Kool57. De son côté, Thiht ne compte certainement pas changer ses habitudes. «Je ne suis pas un pro-Facebook, mais si c'est plus simple pour le site de continuer sur cette base que de tout recommencer, c'est son choix!», lance-t-il. Avis plus ou moins partagé. En tout cas, vous n’y allez pas de main morte pour critiquer l’ONG. Sur la question de la pollution des serveurs, Eunectes pousse la logique: «si l'iPad crée de la pollution alors les messieurs de Greenpeace, en écrivant leur article et en mettant à jours leur site Internet, ont également pollué».  

Greenpeace est félicitée  

Cet argument à l’encontre de l’association de défense de l’environnement éveille des passions. «Les écolos mettent en garde contre les excès et les risques encourus, précise Talamasca. «Ils prônent l'utilisation de technologies plus respectueuses de la planète, qui par ailleurs, existent, ainsi que l'adoption d'un comportement responsable des citoyens. Cela oblige à sortir de ses habitudes et remet en cause le conditionnement de l'individu face à la société de consommation actuelle», poursuit-il. Romsee lui emboîte le pas. Selon lui, le message écologique est de montrer qu’on dispose de techniques qui «permettent de réduire, voire d’annuler le rejet de CO2». De son côté, Ecoveritas fait remarquer qu’Internet ouvre des possibilités de ne pas polluer. Selon lui, «les voyages virtuels sont beaucoup moins «énergivores» que les voyages réels». Internet est une porte de sortie. Aux serveurs maintenant d’y être sensibles - ou pas.