Les agressions dont vous avez été victime

TEMOIGNAGE Alors que sort un rapport, vous nous écrivez...

Paul Ackermann

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Capture d'écran de la vidéo qui montre une supposée agression dans un bus de nuit de la RATP
Capture d'écran de la vidéo qui montre une supposée agression dans un bus de nuit de la RATP — DR

Le nombre de personnes se disant victimes de violences a progressé, notamment au sein de la famille.

Cependant, seules 10% d'entre elles ont déposé plainte. C'est donc en sondant des échantillons de population que l'Observatoire national de la délinquance a pu sortir son rapport. Nous vous demandons donc aussi de témoigner. «Février 2009, dans les couloirs de la station de métro Gare d'Austerlitz, 22h00, raconte Michel 45000. J'avance dans le couloir en direction des quais, en compagnie de mon ami. Nous croisons deux individus, qui nous interpellent, en nous disant qu'ils veulent du fric. Nous ne leurs prêtons pas plus d'attention que ça, quand insultes et provocations en tous genres commencent à fuser. Finalement, l'un d'eux s'intercale entre nous, et passe ses bras autour de nos cous. Avant de nous envoyer un premier coup. Nous tentons de riposter, le second arrive comme une balle et m'envoie un coup de pied dont ma hanche se souvient encore aujourd'hui. Les coups pleuvent, nous nous cramponnons de toutes nos forces à nos sacs qu'ils tentent de nous arracher, je hurle pour alerter, mais personne ne vient. Les rares gens qui s'engagent dans le couloir au loin font demi-tour. Après deux bonnes minutes de lutte, de cris, nous finissons par réussir à fuir. A dix mètres de là, juste après un angle droit, se trouve le guichet RATP. L'employé, qui a tout entendu, est resté impassible. J'ai mis plusieurs jours à me remettre du traumatisme, tant physique que psychologique. Voir celui qu'on aime se faire rouer de coups, c'est d'une violence sans doute plus insoutenable que les hématomes ex-mêmes. Quand à l'indifférence générale, malgré mes cris d'alerte, alors qu'il aurait suffit que quelqu'un s'approche pour faire fuir ces voyous, j'en reste terriblement déçu.»

Becky, elle aussi, à travers son témoignage, démontre à quel point une agression peut marquer sa victime: «C'était en 1993, alors que je traversais les couloirs des Halles (vers la piscine), quand un homme s'est approché de moi et a mis son couteau au niveau de ma gorge. Il voulait me tuer, car il disait que j'étais sa soeur, les gens étaient indifférents, je pleurais et pissais sur moi. C'est alors que ses copains sont venus pour essayer de m'aider, mais l'homme disait que s'ils s'approchaient, il allait me tuer. Ne l'ayant pas écouté, ses copains sont quand même venu m'aider. Je marchai toute tremblante en direction de mon travail, avec la peur au ventre. Cette histoire m'a beaucoup traumatisé, j'ai l'impression que c'était hier.»
 
Pilote59 aussi raconte son histoire: «J'ai déjà été agressé plusieurs fois dans le cadre de mon travail dans les transports en commun. La dernière fois, c'était dans une station de métro ou j'intervenais sur un incident technique. Des jeunes sont arrivés dans la salle des billets et l'un d'entre eux m'a giflé plusieurs fois gratuitement. Il ne semblait pas dans son état normal, ses amis sont partis sans lui avoir prêté main forte. Ce sont les policiers en tenue et aussi la BAC qui sont venu très vite sur place me tirer de ce mauvais pas. Outre le fait des coups, on ne se sent pas bien et on y pense toujours longtemps après. Tous les jours, on se fait agresser verbalement, on se fait cracher dessus, c'est moins grave que les coups mais cela marque quand même très fort. Quand je dis au revoir à mon épouse lors de mon départ au boulot, je ne sais jamais si je vais rentrer entier ou pas. La journée, on intervient seul, on est en "doublette" à partir de 20 heures et dans certains quartiers "sensibles", on est constamment sur ses gardes.»
 
Vous aussi, racontez-nous ci-dessous votre histoire si vous avez été agressé...