Comment réformer les prisons?

DEBAT Priver de liberté un homme, c’est une sanction. Le priver de dignité humaine, c'est de l'aliénation, déplorent les syndicats pénitentiaires. Votre avis...

20minutes.fr

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La garde des Sceaux Rachida Dati a annoncé jeudi aux syndicats pénitentiaires qu'elle recevait, la création de 177 nouveaux postes de surveillants de prison cette année, a-t-on appris auprès de la Chancellerie.
La garde des Sceaux Rachida Dati a annoncé jeudi aux syndicats pénitentiaires qu'elle recevait, la création de 177 nouveaux postes de surveillants de prison cette année, a-t-on appris auprès de la Chancellerie. — Pierre Andrieu AFP

Mardi, la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a annoncé une série de mesures destinées à lutter contre le suicide en prison. Notamment un kit de protection pour les détenus susceptibles d’attenter à leurs jours, ce qui, de l’avis des associations, des syndicats et de l'Observatoire International des prisons, n’est pas suffisant pour juguler la violence des prisonniers contre eux-mêmes et enrayer l’augmentation du nombre de suicides.

Parmi les solutions maintes fois avancées, figurent le recrutement de davantage de personnel, et la modernisation des établissements pénitenciers. Objectifs: éviter la surpopulation carcérale et l’humiliation, souvent quotidienne, des prisonniers.

Nous vous avons demandé vos propositions et vous avez répondu en masse. «Il faudrait développer les peines d'intérêt général pour les petites peines, Ernesty78, et pas coller en prison des gars condamnés à quelques mois, le bracelet électronique avec assignation à résidence serait également une piste. Et puis, surtout arrêter de mettre en garde-à-vue à tout va et pour n'importe quoi.» Pour Ilfautdireleschoses, «en ce qui concerne les suicides, il s'agit d'un problème spirituel et non psychologique, aussi il est impossible à traiter de manière conventionnelle. Les pays qui ont le plus de résultats et d'amélioration dans leurs prisons sont les pays qui laissent les pasteurs rentrer dans les prisons.»
 
«Il conviendrait surtout que l'on fasse un audit des structures actuelles, écrit quant à lui Konifl. Et que l'on décide de construire des établissements aux normes du XXIème siècle. Ces constructions devraient permettre de dissocier les détenus en fonction de leur délit (primo délinquants ou récidivistes), de leur âge, de la nature de l'acte commis, la dangerosité de l'intéressé, la peine encourue, mais également la durée de la peine infligée. Nous aurions alors des maisons d'arrêts différenciées: pour les mineurs, pour les femmes, pour les hommes, pour les primo-délinquants, pour les récidivistes. Nous aurions des Centre pénitentiaires différenciés: pour détenus dangereux, pour courtes peines, pour peines longues, pour la délinquance occasionnelle (avec des conditions carcérales différentes entre les structures).» EcoGuy2, lui, a une solution radicale: «Pour vider les prisons de 30 à 40%, la solution est aussi simple que radicale: rayer les crimes sans victime de notre code pénal. Vendre de la drogue est par exemple un "crime" sans victime. C'est un facteur de risque d'agression car un drogué ne se contrôle plus bien. C'est un pré-crime, mais pas un crime. Idem avec la vente d'arme: où est la victime?»
 

Et vous, qu'en pensez-vous? Continuez à nous le dire ci-dessous dans les commentaires...