Délégation d'artistes en Corée du Nord: Psy, le déglingo du Sud qui irrite le Nord

MUSIQUE Il semblerait que l’artiste sud-coréen soit bien trop « provocateur » pour la Corée du Nord…

C.W.

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Psy, la provoc' dans la peau.
Psy, la provoc' dans la peau. — SIPANY/SIPA
  • Du 31 mars au 3 avril, la Corée du Nord accueillera 160 artistes sud-coréens lors de concerts historiques.
  • Si la Corée du Sud aimerait y envoyer Psy, sa voisine du Nord ne semble pas vraiment prête à accueillir l’artiste déjanté.

Pyongyang s’apprête à vivre un moment historique. Du 31 mars au 3 avril, la capitale nord-coréenne accueillera des stars de K-pop, la pop sud-coréenne, qui se produiront lors de concerts événements. Un signe notable de dégel entre les deux pays, le dernier de ce type remontant à 2007. Parmi ces 160 artistes, le girls band Red Velvet ou encore le groupe phare Girls' Generation, seront de la partie. Mais d’autres stars sud-coréennes – et planétaires –, n’auront pas la chance d’allumer le feu (au sens figuré hein), devant un parterre de Nord-Coréens en délire…

C’est le cas du plus célèbre d’entre eux : le déjanté Psy. Souvenez-vous, en 2012, le chanteur avait ravi la Terre entière (et cassé les oreilles d’une poignée d’entre nous), grâce à son titre entraînant Gangnam Style. Sans oublier la choré mythique qui ne cesse depuis d’ambiancer les mariages. Pour rappel, ça donnait ça :

Une bien belle histoire, mais qui semble avoir peu de chance de se poursuivre sur les terres de Kim Jong-un. Car si la Corée du Sud aimerait voir ce rêve se réaliser, sa petite voisine du Nord quant à elle, paraît un poil échaudée. La raison ? Le côté « provocateur » de Psy ne serait pas au goût de Pyongyang. Il faut reconnaître que l’artiste repousse constamment les limites de la bienséance et de l’acceptable…

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Une attitude subversive

A commencer par son engagement physique dans son art. Psy ne recule devant rien. Imiter un cheval sous amphet ? Un classique de son répertoire. Se dandiner torse poils ? Même pas peur. Crapahuter sur des jouets d’enfants et montrer sa langue à la maîtresse ? Chiche ! La preuve en images :

Un comportement de déglingos (voire punk), qui s’accorde moyennement avec les usages, disons quelque peu « stricts », de la culture nord-coréenne. Il ne faudrait tout de même pas risquer que les spectateurs s’amusent un peu trop. Sans oublier que l’artiste n’est pas le dernier dans le domaine des bêtises, en 2002, Psy avait été condamné par la Corée pour avoir fumé de la marie-jeanne, explique cet article du Figaro.

Des textes corrosifs et un look farfelu

Au-delà d’une gestuelle outrancière, Psy c’est aussi le poids des mots. D’un, il ne recule pas devant les gros mots (ce qui semble un peu agacer Pyongyang), et de deux, les paroles de ses chansons sonnent comme de véritables bombes. En Corée du Sud, le chanteur s’est fait connaître pour son humour satirique et ses textes moqueurs. Son tube planétaire Gangnam Style s’attaquait notamment au quartier chic de Séoul du même nom, se moquant de l’oisiveté de ses habitants. Il osait même y prononcer avec témérité l’expression « sexy lady ». Un vocabulaire bien trop fleuri pour la Corée du Nord.

Enfin, quand il ne montre pas ses pecs, Psy se démarque par ses tenues farfelues. Avec des couleurs criantes comme ça :

psy 2
psy 2 - Lee Jin-man/AP/SIPA

Ou tout simplement de mauvais goût, comme ceci :

psy
psy - SIPANY/SIPA

Une garde-robe un chouïa trop festive au pays du gris, de l’uniformité et de la « sobriété » qu’est la Corée du Nord. Une fois encore, il ne faudrait pas risquer que ses habitants soient confrontés à trop de gaîté.