VIDEO. Shaka Ponk: «Pour la première fois, on a fait comme un groupe normal, on s'est posé dans un studio»

MUSIQUE (1/5) A l'occasion de la sortie de son sixième album, «The Evol», Shaka Ponk a répondu aux questions de «20 Minutes»...

Benjamin Chapon

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Shaka Ponk sort son nouvel album The Evol'
Shaka Ponk sort son nouvel album The Evol' — Shaka Ponk

Shaka Ponk sort, vendredi 17 novembre, son sixième album studio, The Evol'. Et comme le groupe a beaucoup de choses à raconter, 20 Minutes accompagne cet événement avec une série d’articles dont voici le premier épisode : le studio.

Les Shaka Ponk reçoivent dans leur QG. Installés depuis deux ans dans le 11e arrondissement parisien, Frah, Samaha, Steve et les autres  ont « façonné le lieu à leur image ». Une première pour le groupe, habitué à passer le moins de temps possible en studio pour pouvoir repartir au plus vite en tournée. « Avant on ne faisait que des albums pour les chanter sur scène, explique Steve. C’est la première fois qu’on se pose pour composer. » Frah se souvient de cette époque : « On était des rockeurs, on voulait faire du rock. Point. On composait en tournée en fonction de nos émotions du moment. Là on a décidé de faire comme un groupe normal. On a fait un break puis on a trouvé un endroit qu’on a aménagé pour pouvoir tout faire ici. On a pris le temps de faire l’endroit comme on voulait. »

Le studio, membre à part entière du groupe

Le studio accumule ainsi les fonctions et permet l’enregistrement et les répétitions mais aussila conception du live, la création des DVD… « On fait tout nous-mêmes de A à Z, rappelle Samaha. Alors ça nous a valu pas mal de nuits blanches mais c’est comme ça que ça marche. » Le studio est donc naturellement devenu l’antre du groupe. « Le lieu fait partie de Shaka Ponk aujourd’hui, on n’aurait jamais pu imaginer ça avant, on était des nomades, rigole Frah. On a passé tellement d’heures ici… La vie autour de nous changeait, et donc les morceaux changeaient, on est revenus dessus sans cesse. »

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Et ce changement de perspective a eu un impact sur l’album, quoi qu’en disent les membres de Shaka Ponk. « Pour nous, c’est un album comme les autres, explique Frah. Mais c’est vrai qu’on a des retours étonnants de gens qui trouvent ça plus posé. Depuis le début du groupe, on dit qu’on déteste mettre nos chansons sur galette. Mais en fait c’est intéressant, on fait vivre la création de départ en la transformant sur scène. Là, on a eu du temps pour construire des chansons complexes avec des ponts, des ruptures. Et à chaque étape on se demandait si on allait être capables de les jouer sur scène. Parce que ça demande une grosse concentration, et qu’en concert, l’excitation l’emporte… »

Un matin pas comme les autres

Le groupe raconte des séances de répétitions épiques, et de relations forcément un peu compliquées avec le voisinage. D’ailleurs, le quartier a eu un impact très fort sur l’album et le groupe. « On venait d’arriver dans le studio, il était encore bien rangé à l’époque, raconte Frah. On vivait un peu là parce qu’on montait un DVD live. Je me suis endormi et à mon réveil, tout le monde était parti, il était genre 6 heures du mat'. J’ai mis mes chaussures et je suis parti pour faire un jogging. Et là, à l’angle de la rue, des tonnes de camions de flics et de pompiers devant le Bataclan. » C’était le 14 novembre 2015.

L’album The Evol a ainsi été intégralement composé dans une France en état d’urgence. Le décor de la tournée représente une « jungle apocalyptique, explique Steve. C’est notre air du temps, c’est la façon dont on vit les choses en ce moment. » Le groupe, même s’il adore son repère parisien, a donc hâte de partir en tournée. « C’est notre récréation, nos vacances. On a fini notre boulot. »

Samedi, deuxième épisode de notre série sur Shaka Ponk : les fans.