Daho, Christophe, Bashung... Les BB Brunes éparpillent les références façon «Puzzle»

MUSIQUE Le nouvel album studio des BB Brunes mêle les influences : chanson française, électro, hip-hop...

Fabien Randanne

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Détail de la pochette de «Puzzle», album des BB Brunes.
Détail de la pochette de «Puzzle», album des BB Brunes. — Warner Music France

Il y a une dizaine d’années, une légion de musiciens à peine ou tout juste sortis de l’adolescence surgissait sur la scène rock française et surtout celle du Gibus, à Paris. Ils s’appelaient Naast, Plasticines ou Second Sex, mais tout le monde les surnommait « les bébés rockeurs ». L’expression a toujours écorché les oreilles des BB Brunes, qui sont les seuls rescapés d’une décennie qui a ringardisé le CD pendant que YouTube et les plateformes de streaming révolutionnaient l’industrie musicale.

« Ça passe vite, confie Adrien Gallo le chanteur compositeur en regardant dans le rétro. On est fier du chemin parcouru, mais on ne veut pas être tourné vers le passé. » L’actu du groupe qui fête ses dix ans*, c’est un nouvel album, Puzzle (Warner). Douze titres, plus deux en bonus, aux sonorités a priori disparates, mais qui parviennent à s’amalgamer en une setlist homogène.

« On ne s’interdit plus de passer de Barbara à Kendrick Lamar »

« C’est un album kaléidoscopique, dont les fragments représentent tous les styles de musique que l’on écoute. Il y a de tout : de la variété française, de la pop, du hip-hop, de l’électro. » Une ouverture à de nouveaux horizons musicaux déjà amorcée dans le précédent opus, Long Courrier, en 2012. « Pendant plusieurs années, on était focalisés sur le rock. Pour nous, il était impensable de mettre ne serait-ce qu’un synthé », glisse Félix Hemmen, le guitariste. Désormais, comme le résume Adrien, le groupe « ne s’interdit plus de passer de Barbara à Kendrick Lamar. »

Les influences s’entendent dès la première écoute. Le phrasé tombant dans les graves de Bashung résonne dans Puzzle. La mélancolie élégiaque de Christophe parcourt Terrain Vague (sans doute le meilleur morceau de l’album). Origami convoque la fantaisie dandy d’Alain Chamfort. Adrien Gallo cite aussi pêle-mêle Etienne Daho, Daniel Balavoine, William Sheller, Michel Berger. Mais aussi les auteurs Boris Bergman et Jean Fauque, dont il loue « la façon d’écrire, leur rapport hyperpoétique, surréaliste, à la chanson. ».

« Est-ce un astéroïde qui coule sur ta joue ? »

Et il a retenu la leçon : « Est-ce un astéroïde qui coule sur ta joue ? Dedans, dehors, un vide, un malaise sordide, doigt sur la carotide, sent battre mon pouls », chante-t-il ainsi dans le couplet de Troisième type, qu’il a écrit, comme les autres chansons de l’album.

Les BB Brunes ont digéré les références et livrent un album « qui a un pas dans le passé et un pas dans le futur, avance le chanteur. On essaie de prendre le meilleur des années 1980 et de garder en tête qu’on est bientôt en 2020, qu’il faut innover, et trouver quelque chose qui sonne comme notre époque. » Autrement dit, les airs du temps, éparpillés façon Puzzle.

* Les BB Brunes fêteront leurs dix ans de carrière sur la scène des Etoiles (Paris 10e), les 25, 26 et 28 septembre. Chaque soir, ils revisiteront un de leurs albums.