A 20 ans, Léa Paci écrit le «Chapitre I» de sa carrière

MUSIQUE La jeune chanteuse dont les premiers singles « Pour aller où ? » et « Adolescente pirate » passent déjà en radio, sort ce vendredi un premier album. Rencontre avec une artiste mature qui aurait aimé vivre dans les années 1980…

Fabien Randanne

— 

La chanteuse Léa Paci, interprète de «Pour aller où?» et «Adolescente Pirate».
La chanteuse Léa Paci, interprète de «Pour aller où?» et «Adolescente Pirate». — Yann Orhan
  • Léa Paci, 20 ans, sort son premier album, « Chapitre I » chez Warner Music.
  • Les auteurs de ses chansons se sont inspiré des confidences de l’artiste. Ruptures, amours à sens uniques… Les états d’âmes sont transcendés par la pop.
  • Léa Paci dit être autant influencée par Edith Piaf que par Julien Doré et se reconnaît des atomes crochus avec ses consœurs Cléa VIncent, Fishbach et Juliette Armanet.

Un jour, Léa Paci a acheté une guitare sur eBay et a appris à en jouer en suivant des tutos sur YouTube. Elle corrigera néanmoins ceux qui la présenteront comme guitariste en rétorquant qu’elle n’en est pas une : « Je n’ai pas les bases du solfège. Je peux seulement dire que j’en sais suffisamment pour pouvoir m’accompagner. » La preuve que, du haut de ses 20 ans, la jeune artiste qui sort ce vendredi son premier album, Chapitre I*, cultive la modestie.

Sa maturité surprend aussi. Quand bien des jeunes de son âge rêvent de trouver la gloire dans les télécrochets, elle, a refusé de participer à Nouvelle Star et The Voice. « Je n’avais pas encore 18 ans, ni mon bac et j’étais hypertimide. Pour moi, c’était trop tôt, explique-t-elle à 20 Minutes. C’est vrai que pour la visibilité, ça aurait été plus simple. Mais j’ai la chance d’avoir eu des gens qui se sont intéressés à moi et d’avoir eu deux ans pour travailler sur un projet qui me ressemble. »

« Si je fais un deuxième album, j’écrirai les textes seule »

Petit retour en arrière. Il y a un peu plus de deux ans, Léa Paci s’accompagne à la guitare sur des reprises de tubes qu’elle poste sur YouTube. C’est là que son talent est repéré par Yohann Malory et Tristan Salvati qui, après avoir notamment collaboré avec Jenifer et Louane, deviendront ses auteurs et producteurs. « Ils m’ont appris à écrire et à grandir musicalement, salue la chanteuse. Le dernier morceau de mon album est de moi. Si j’en fais un deuxième, j’écrirais les textes seule. Il n’y a pas de secret, le déclic, c’est le travail. »

« J’appartiens à une génération où il n’y a plus de voix qui montent très haut, mais qui chante des trucs vrais, dans lesquels les gens peuvent se reconnaître. »

En attendant, pour ce premier opus, elle a fait confiance à la plume de Yohann Malory à qui elle s’est confiée pour qu’il signe des chansons qui lui ressemblent. Vingt-cinq morceaux ont vu le jour, il a fallu en choisir une dizaine pour l’album. « Il y avait des textes plus simples, avec moins de gravité, mais je voulais défendre ceux qui me parlent, qui disent des choses sur ma vie », précise Léa Paci. « J’appartiens à une génération où il n’y a plus de voix qui montent très haut, mais qui chante des trucs vrais, dans lesquels les gens peuvent se reconnaître. Certaines de mes chansons évoquent des épreuves que j’ai vécues, mais j’ai envie de laisser à celui qui les écoute de la place d’y lire ce qu’il veut. »

« J’essaye de retrouver l’insouciance des années 1980 »

Ruptures, amours à sens unique et solitude jalonnent les chansons de cet album aux états d’âme transcendés par la pop. Les clips des deux premiers singles, Pour aller où ? Et Adolescente pirate, ont une esthétique très marquée, l’un par la patine VHS, l’autre par un sens graphique et coloré rappelant les années 1980. « La boule à facettes m’évoque La Boum. On aurait bien aimé vivre notre jeunesse à l’époque de nos parents. Il y a une espèce d’insouciance de ces années-là que j’essaie de retrouver », glisse Léa Paci.

« Si l’album ne marche pas, au moins, j’aurais appris et emmagasiné plein de choses. »

Ses inspirations musicales brassent large, d’Edith Piaf à Niagara, de France Gall et Françoise Hardy à Vianney et Julien Doré. Elle se sent aussi des atomes crochus avec Juliette Armanet, Cléa Vincent, Fischbach ou Pomme « qui ramènent la variété française aux années passées, avec finesse » en privilégiant les sonorités électros eighties.

A la fin de l’enregistrement de Chapitre I, Léa Paci s’est fait tatouer une jeune fille aux yeux bandés - « un portrait de moi » - sur un lit de roses rouges. Le mot « aveuglément » a aussi été encré sur sa peau. Elle se lance dans sa carrière, les yeux fermés. Pas de chair de poule, mais la maturité, toujours : « Si ça ne marche pas, au moins, j’aurais appris et emmagasiné plein de choses ».

* Chapitre I de Léa Paci, sortie le 23 juin (Warner Music)