Printemps Solidaire au Zénith de Paris: «On veut que la solidarité devienne un enjeu de la présidentielle»

INTERVIEW Luc Barruet, l’organisateur du premier meeting-concert, qui se tiendra mercredi au Zénith de Paris, présente l’événement à « 20 Minutes »…

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Tiken Jah Fakoly, ici à Solidays en 2016, est annoncé à l'affiche du Printemps Solidaire.
Tiken Jah Fakoly, ici à Solidays en 2016, est annoncé à l'affiche du Printemps Solidaire. — SIPA/SIPA

Keziah Jones, Yael Naïm, Alain Souchon, Izia, Tiken Jah Fakoly… Ces artistes, et plusieurs autres, seront ce mercredi sur la scène du Zénith de Paris pour le premier « meeting-concert » de Printemps Solidaire*, une ambitieuse campagne qui entend peser sur les échéances électorales. Luc Barruet, président de Solidarité Sida, à l’origine de l’événement, explique à 20 Minutes les raisons d’être de ce rendez-vous.

Quel est l’objectif de ce Printemps solidaire ?

En cette période ou le repli sur soi et l’individualisme gagnent du terrain, nous voulons que la solidarité devienne un enjeu de la campagne présidentielle. On veut fédérer une « majorité solidaire » pour exiger un engagement fort des candidats et du prochain président de la République. Nous demandons que la France tienne sa promesse, prise il y a quarante ans, de consacrer 0.7 % de sa richesse à la solidarité internationale et au développement.

Cette question du développement est au carrefour de plusieurs problématiques : l’éducation, la sécurité, le climat… La tendance du moment est à la fermeture des frontières et notre approche ne correspond pas à cette vision, c’est ce que nous allons exprimer, avec d’autres associations et des membres de la société civile, tout au long de la campagne.

Vous pensez pouvoir vous faire entendre ?

De nombreux électeurs ne se reconnaissent pas dans les sujets abordés lors des élections. La question internationale, par exemple, est mise en compte, or, c’est bien d’en parler sous l’angle de la solidarité. Parce que les protectionnismes économique ou isolationniste nous inquiètent. Avec Printemps Solidaire, on veut incarner une autre vision du monde. Notre mouvement est ouvert à tous.

En France, contrairement aux Etats-Unis par exemple, les artistes rechignent à s’engager. Cela a été facile de convaincre ceux qui participent au printemps Solidaire ?

Ce n’est pas toujours évident. Solidarité sida [qui organise Solidays] a la chance d’avoir un réseau d’artistes qui nous font confiance. Ce n’est pas la même chose de s’engager pour le vainqueur de la primaire de la gauche ou de celle de la droite et du centre que de souscrire à un discours prônant des valeurs de solidarités.

Redoutez-vous les récupérations politiques ?

On essaie de les anticiper et de les gérer. Notre campagne est politique mais ne se veut pas partisane. On ne s’adresse pas à tels Français plutôt qu’à tels autres.

Il y aura d’autres rendez-vous au-delà de la soirée de ce mercredi à Paris…

Oui, il y aura d’autres meeting-concerts. Le 12 mars, à Lille, le 19 mars à Rennes et le 26 mars à Montpellier. On reviendra à Paris les 15 et 16 avril avec un grand meeting-concert en plein-air et un défilé dans la rue. En plus des prestations des artistes, des intellectuels, des sociologues, des militants de pays en développement prendront la parole.

Y aura-t-il un Printemps Solidaire en 2018 ?

On verra. Si le prochain président de la République ne fait rien, on essaiera de se rappeler à sa mémoire.

*L’événement est gratuit, mais l’inscription préalable est obligatoire sur le site www.printemps-solidaire.fr