Star Clash spectacles musicaux: «Notre-Dame de Paris» vs «Les 10 Commandements»

NOSTALGIE Ces comédies musicales ont marqué la fin des années 1990-début des années 2000, mais qui des «10 Commandements» ou de «Notre-Dame de Paris» va-t-on (re)voir en 2016...

Claire Barrois

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«Notre Dame de Paris» affronte «Les 10 Commandements» dans le combat des spectacles musicaux.
«Notre Dame de Paris» affronte «Les 10 Commandements» dans le combat des spectacles musicaux. — A. Dobici / S.Castioni-XCOM2

Quinze ans qu’on les attendait. Et les deux spectacles musicaux reviennent presque en même temps. Les 10 Commandements commencent ce jeudi à l' Accor Hotels Arena où ils sont joués jusqu’à dimanche, avant de partir en tournée dans toute la France. Notre-Dame de Paris prendra le relais au Palais des Congrès de Paris à partir du 23 novembre et se lancera ensuite dans une tournée d’au moins un an. Pour ceux qui ne veulent pas attendre et mais qui n’ont pas un portefeuille extensible, 20 Minutes a déterminé quel spectacle vous rendrait le plus nostalgique.

  • La chorégraphie

Notre-Dame de Paris : En 1998, Luc Plamondon et Richard Cocciante faisaient un pari fou : lancer un spectacle musical en France, le pays qui trouvait ce genre ringard. Composée « par pur plaisir », par les deux compères, il leur reste alors à financer le spectacle et à trouver un metteur en scène et un chorégraphe à la hauteur de leur projet. « Gilles Maheu et Martino Müller sont extraordinaires, estime Richard Cocciante. La chorégraphie mêle la danse classique, la danse moderne, la breakdance et des accrobaties. Ce mélange était très moderne et l’est resté. » Aucun changement au programme, donc.

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Les 10 Commandements : La carrière de  Kamel Ouali décollait (il allait devenir prof à la Star Ac' l’année suivante) et avec Elie Chouraqui, ils se lançaient dans un projet de grande ampleur. La chorégraphie reprenait le mélange de différents styles de son aînée et donnait le même effet. Aujourd’hui, peu de choses ont changé. « Les chorégraphies ont évolué pour s’adapter aux nouveaux interprètes, concède tout de même Kamel Ouali. Personnellement, j’ai évolué, donc j’ai modifié quelques passages. Mais je n’ai pas fait de changements pour le changement, j’ai fait des tests et je suis revenu à la version initiale quand je trouvais ça meilleur. »

Un point pour… Avec seulement 25 danseurs, Notre Dame de Paris occupe toute la scène du Palais des Sports de Paris et donne la même impression de foule que Les 10 commandements et ses 38 danseurs. Et puis, dans le spectacle inspiré du roman de Victor Hugo, le ballet raconte autant l’histoire que la musique, sans ballets purement ornemantaux. Inchangé depuis 18 ans car très novateur à l’époque, lanceur du renouveau du spectacle musical français, il mérite le point nostalgie.

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  • Le décor

Notre Dame de Paris : Un simple mur dont l’éclairage change pour donner l’idée du lieu dans lequel on se trouve (cathédrale, cour des miracles…), cette idée minimaliste était innovante et a permis au spectacle d’être donné dans des théâtres de toutes les tailles. « Nous avons souhaité créer une représentation un peu plus abstraite que les décors très figuratifs de Broadway », commente Richard Cocciante. Un parti pris réussi repris en 2016.

Les 10 Commandements : Quand on situe l’action au temps des pyramides, difficile de se contenter d’un décor minimaliste. Et le retour du spectacle a rendu les choses encore plus grandioses. « J’ai eu le temps de retravailler les images et le décor, précise Elie Chouraqui, à la fois auteur, producteur et metteur en scène du spectacle. J’avais toujours rêvé de voir Ramsès arriver sur un char, c’est fait. » De l’or, de la pierre, de la poussière sur scène… et le reste en vidéo, le décor est un personnage à part entière du spectacle.

Un point pour… Ok, le minimalisme, ça ne vieillit pas. Mais avec Les 10 Commandements, on en prend vraiment plein les yeux. « Les gens perçoivent le spectacle comme des tornades successives qui arrivent, explique Elie Chouraqui. Je crée des détails, dont certains sont imperceptibles, qui donnent naissance à de l’émotion. » Et plus y’en a, plus ça marche, donc on pardonne les évolutions.

  • Les chanteurs

Notre Dame de Paris : Garou, Patrick Fiori, Julie Zenatti, Helène Ségara… Que des voix découvertes dans le spectacle dont on connaît la carrière encore aujourd’hui. On peut donc faire confiance au duo Cocciante/Plamondon pour nous dégotter les stars de demain… pas forcément inconnues. « Nous avons pris des chanteurs qui avaient le rôle en eux, on ne les fabrique pas, précise Richard Cocciante. Quasimodo doit avoir une intériorité, il souffre… Esmeralda est plus exotique, le petit accent de la nouvelle interprète, Libanaise, est bienvenu. » Et cette petite nouvelle n’est autre que Hiba Tawaji, bien connue des amateurs de The Voice.

Les 10 Commandements : Les nouveaux chanteurs ? Pas vraiment. Les Ramsès et Moïse de 2016 étaient les doublures de ceux du spectacle créé en 2000. « Joshaï et Merwan ont grandi dans Les 10 Commandements, confirme Elie Chouraqui. Ils ont une maturité et une force qui font oublier les anciens. » Ils ont beau avoir écouté de nombreux chanteurs, ils sont revenus à leurs poulains. Petit bonus pour les fans de la première heure : le Ramsès d’origine, l’excellent Ahmed Mouici des Pow Wow reprendra le rôle de temps en temps.

Un point pour… Les deux castings ont été envahis de nouveaux talents, mais Notre Dame de Paris a fait des vrais choix en imposant ses talents. D’horizons différents ( Quasimodo vient d’Italie et a joué le spectacle dans sa langue d’origine puis en anglais), ils ont la lourde tâche de nous faire oublier les versions qui nous ont bercés pendant des années. Mais Richard Cocciante ne doute pas de leur charisme. En plus, il les a coachés lui-même pendant deux ans.

ET LA VICTOIRE EST POUR… Notre Dame de Paris. Avec deux points sur trois, le spectacle remporte le combat. « Cette œuvre est inchangée parce qu’elle est exactement ce qu’on voulait : forte et puissante », selon son compositeur. Et c’est ce qui nous plaît. Pour les grands nostalgiques que l’arrivée des nouveaux interprètes perturbe, il reste une branche à laquelle se raccrocher :  Daniel Lavoie, le Frollo originel.