On a lu l'avenir: la chanteuse Aurora sera primée au Festival de Cannes en 2020

musique La jeune chanteuse était en concert à la Maroquinerie à Paris le 24 octobre…

Constance Daulon

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L'artiste norvégienne va commencer une tournée aux Etats-Unis mais ce n'est pas tout...
L'artiste norvégienne va commencer une tournée aux Etats-Unis mais ce n'est pas tout... — Bent René Synnevag

Son clip I went too far cumule déjà 8 millions de vues sur Youtube. A 20 ans, elle a sorti son premier album All my demons greeting me as a friend en 2016 et après avoir écumé les salles européennes, elle entamera une tournée américaine à la fin du mois. Une fois qu’on sait ça sur Aurora, il est difficile de ne pas imaginer que la songwritteuse aux mélodies sombres et intenses a un avenir assuré et qui sait, un troisième disque de platine en 2023.

Originaire de Bergen en Norvège, Aurora est une pure autodidacte. Sur des sons électroniques, elle interprète ses titres inspirés notamment de la nature avec une interprétation et une émotion unique. Pour vous convaincre que son parcours ne va pas s’arrêter là, on l’a interrogée sur les dates importantes de sa jeune carrière et on a imaginé, seuls, celles qui feront d’elle une artiste confirmée. Vous allez vite comprendre qu’on ne manque pas d’ambition et qu’on est prêts à confronter nos pronostics en 2020. A bon entendeur.

2002 : la découverte du piano

« J’avais 6 ans et la musique classique me calmait déjà. J’oubliais aussi que j’étais malade quand j’en écoutais. Lorsque j’ai découvert ce petit piano électrique, je me suis rendu compte que je reproduisais à l’oreille les mêmes sons que j’entendais. Après un peu d’entraînement, j’ai commencé à créer mes propres mélodies. »

2006 : écriture de sa première chanson

« Vers 10 ans, j’ai écrit en anglais avec une guitare alors que je ne savais pas en jouer. Jouer comme Bob Dylan et Leonard Cohen, qui m’ont beaucoup inspirée, était mon objectif. Pour que ne m’entende pas, j’attendais donc la nuit que tout le monde soit couché. Je ne savais pas du tout que je pouvais le faire. Je ne voulais pas être une artiste, j’écrivais pour moi. »

2011 : première scène

« Pour un projet musical au lycée, je devais écrire une chanson à la guitare. J’avais décidé de le faire car ça m’était facile et ça m’évitait d’avoir des devoirs. Mes professeurs ont beaucoup aimé I have a dream. Ils étaient impressionnés par ma voix. Pour le dernier jour de cours, ils m’ont proposé de chanter lors de la cérémonie de fin d’année. J’étais très nerveuse. Mais après le second couplet, tout était oublié. Je me vois comme une fenêtre par laquelle passe de la musique. C’est bien d’être une fenêtre. »

2014 : signature avec le label Decca et Glassnote

« Quand tu es un enfant sans parents, tu peux faire tout ce que tu veux. C’est pareil quand tu n’as pas de label. Mais j’en avais besoin et Decca et Glassnote m’acceptent comme je suis. Ils ne cherchent pas à me rendre plus commerciale. Il faut juste ne pas avoir peur d’être en désaccord. J’ai plus de confiance désormais. »

2015 : sortie du premier EP Running with the wolves

« C’était à la fois bizarre et excitant. J’étais un peu stressée car il a fallu le sortir assez rapidement. Produire un EP est plus intéressant qu’un single. Et je raffole que des chiffres pairs mêmes si 11 est mon chiffre préféré. »

2016 : sortie du premier album All my demons greetting me as a friend

« On a alterné entre la tournée et l’enregistrement. On a eu qu’un mois entier pour s’y consacrer. Le challenge, avec un album, c’est qu’on évolue avec lui. A la fin, il y avait des choses que je voulais changer car j’avais grandi. J’ai beaucoup appris au cours de cette année. Notamment les aspects techniques que je ne maîtrisais pas du tout et comment faire le son que je voulais. Cet album est très électronique. Le prochain sera plus organique. »

2017 : Aurora monte sur scène pendant un concert de Bob Dylan à Los Angeles

« Il m’avait vu en concert à San Francisco au Fillmore en 2016. Je n’y croyais pas quand il m’a proposé de chanter Suzanne avec lui. J’ai toujours aimé cette chanson, elle est calme. Quand j’ai réalisé ce qui allait se passer, j’ai commencé à être angoissée comme je l’avais été pour ma première scène au lycée. Mais comme d’habitude, une fois sur scène, j’ai tout oublié et je me suis laissée porter. C’est l’un de mes plus beaux souvenirs. Bob Dylan est si libre. Peu importe qu’il ait reçu un Nobel, il reste le même et continue de faire ce qu’il a toujours fait : de la musique poétique. »

2018 : Aurora fait la Une du magazine américain Time

« C’était aussi très inattendu. Ils m’ont contacté peu de temps après mon passage chez Jimmy Fallon qui était une super expérience. Il voulait une artiste représentant la nouvelle génération qui refait le monde. Je suis très flattée même si tout s’enchaîne très vite en ce moment : Coachella, ma participation à la BO de la série Westworld, la collection avec Cacharel. Je suis très heureuse, même si tout cela m’angoisse parfois. »

2020 : Aurora gagne le prix d’interprétation à Cannes

« Que dire ? C’est difficile. 2020 était une année très spéciale. Après mes premiers albums, j’avais envie de montrer quelque chose de différent. J’ai donc sorti un troisième album très expérimental qui reflète bien là où j’en suis : le passage vers la vie d’adulte et toutes les questions qui en découlent. Quand Nicolas Winding Refn (réalisateur de Drive, Only God Forgives, The Neon Demon) m’a proposé d’incarner le personnage principal de son prochain film et d’en composer la musique, j’étais tellement heureuse. C’était tout ce dont j’avais besoin. Un véritable défi, même si je suis désormais plus à l’aise devant un objectif. Quant à Cannes, c’est un peu vertigineux depuis mes 24 ans. Mais il y avait une sorte de bienveillance de la part des personnes qui m’entouraient et j’étais vraiment contente pour Nicolas que son film soit mis en avant grâce à ce prix. Par contre, je ne pense pas avoir encore réalisé du tout ce qui s’est passé. »