Thomas Dutronc: «Je n'aime pas les étiquettes, je veux que chaque chanson raconte une histoire»

INTERVIEW Quatre ans après son dernier album, Thomas Dutronc sort « Eternels jusqu’à demain », ce lundi 25 mai…

Clio Weickert

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L'artiste Thomas Dutronc
L'artiste Thomas Dutronc — © Yann Orhan

Thomas Dutronc nous emmène outre-Manche. Après Comme un manouche sans guitare et Silence on tourne, on tourne en rond, l’artiste revient avec un troisième album : Eternels jusqu’à demain. Un projet « made in London », dans lequel on retrouve sa fidèle guitare manouche, mariée à une touche pop très british. 20 Minutes a rencontré l’artiste, il nous a parlé d’amour, de groove et de poésie, et de sa première collaboration avec Jacques, son père mythique.

Découvrez le premier extrait :

Eternels jusqu’à demain, pourquoi ce titre à la fois doux et mélancolique ?

C’est un album qui parle beaucoup d’amour, et l’amour est éternel jusqu’à demain. Ça s’entretient, ça se nourrit… Mais c’est aussi que je vieillis et je pense à mes parents. A mon âge, on se rend compte que les bons moments de la vie sont précieux et rares. On a envie de les multiplier, on a cette urgence de vivre des belles choses…

Vous avez enregistré cet album à Londres, vous aviez besoin de changer d’air ?

Oui car je voulais essayer de progresser. Je voulais rencontrer de supers musiciens, comme le claviériste Matt Johnson qui a travaillé avec Jamiroquai mais aussi le producteur Jon kelly qui a collaboré avec les Beatles. Mon envie n’était pas d’avoir un album clé en main fait à Londres, mais de mélanger mon savoir-faire, ma musique, parfois très française, parfois très manouche… Même si je n’aime pas les étiquettes. On me parle beaucoup du manouche mais ce qui est important, c’est que chaque chanson ait un univers fort et qu’elle raconte une histoire. On recherche l’émotion avant tout.

Il y a un côté beaucoup plus pop également ?

On a mélangé les influences : les Clash, Ennio Morricone, Django Reinhardt, Gainsbourg, Daho… Tout ce qu’on aime ! Il y a des titres plus groove, d’autres plus graves. Je suis content de cet album car même s’il y a des chansons très différentes, on a réussi à unifier l’ensemble et à imposer notre style.

Vous avez collaboré avec des Français aussi, comme Mathieu Chedid, pour le titre Croc Madam.

C’est un très vieux copain, on était dans la même école, on a toujours gardé contact et nous sommes très proches. On s’est beaucoup vu dernièrement, on a passé des nuits blanches à parler de tout, à rigoler comme des fous ! Il n’y a pas de retenue entre nous, on partage une grande complicité. Et donc il a pensé à moi pour cette chanson, et j’ai tout de suite aimé le contraste entre les couplets très poétiques et les refrains ludiques. Ça me correspondait très bien.

Et pour la première fois, sur Je n’suis personne, vous chantez avec votre père, Jacques Dutronc. Qui a proposé ce duo ?

On était en Corse avec des copains, on composait des chansons, et on lui a fait écouter J’me fout de tout. Il l’a trouvée vachement bien et il l’a voulu pour lui ! Je lui ai dit « non désolé, c’est la première chanson que je viens de finir donc si je commence à toutes te les donner je ne vais jamais terminer mon disque ! » Alors on en a cherché une qui soit uniquement pour lui. Mais je me suis rendu compte que les paroles que j’écrivais m’allaient bien aussi, ça créait des jeux de miroirs poétiques. Donc on en a fait un duo. C’était un moment émouvant pour nous de partager cela, de chanter lui pour moi, et moi pour lui.