Plaza Francia, le tango made in France

MUSIQUE L'album «Plaza Francia» réunit deux membres de Gotan Project et la chanteuse Catherine Ringer…

Benjamin Chapon

— 

Le groupe Plaza Francia
Le groupe Plaza Francia — Renaud Corlouer

Ils voulaient faire un album de chanson tango avec plusieurs chanteuses internationales. Ils ont commencé par un test avec Catherine Ringer. Et comme «ça collait», ils ont fait tout l’album avec elle.

L’association entre Eduardo Makaroff et Christoph H. Müller, deux membres du trio Gotan Project, et Catherine Ringer est devenu un vrai groupe, Plaza Francia. «Dès la première rencontre, le premier essai, ça a collé entre nous. On a une façon de travailler similaire, avec rigueur et fantaisie à la fois.»

Rien de français mais tout de français

Catherine Ringer décrit la musique de Plaza Francia avec gourmandise: «Il y a une matière première tango épicée de soul, de rock, de swing et même de valse, c’est une salade mélangée.» Et la chanson française? «Il n’y en a pas», tranche la chanteuse.

Mais il y a pourtant un élément très français dans cet album chanté en espagnol de bout en bout: sa production. «L’album a été produit et réalisé en France avec le savoir-faire français. Ce n’est pas rien», explique Christoph H. Müller.

La classe et la gouaille

«Le tango a incroyablement influencé la chanson française, et cela à différente époques mais l’inverse n’est pas vrai», explique Eduardo Makaroff. En revanche, le tango doit beaucoup à la France. «Le tango a reçu ses lettres de noblesse par la France au début du XXe siècle. C’est une musique qui a commencé à être jouée dans les salons bourgeois parisiens alors qu’en Argentine, c’était encore une musique très populaire, des bas-fonds. La France a donné au tango son image de classe.»

Le «casting» de Catherine Ringer, pour étonnant qu’il semble à première vue, devient une évidence dès la première écoute. «Elle a vraiment une couleur, un tempérament tango», commente Eduardo Makaroff. «Je connaissais très peu le tango, confesse la chanteuse. Mais mon passé de chanteuse réaliste, où la passion et l’emphase ont le premier rôle, m’a aidé. Finalement, le pas n’était pas si difficile à faire.»

Tango mondial

Et maintenant, le groupe qui ne se quitte plus va partir en tournée dans toute la France puis à l’étranger. «On a donné notre premier concert, pour présenter les chansons, dans une vraie milonga traditionnelle, au Chalet du Lac, raconte Catherine Ringer. J’étais un peu stressée parce qu’il y avait là de vrais puristes du tango venus pour danser. Ils ont eu l’air d’apprécier. Si ça passe avec ce public là, ça devrait passer partout ailleurs.»

«Ce projet a été conçu pour être joué en concert dans le monde entier, raconte Christoph H. Müller. C’est pour cela que l’implication de Catherine est si touchante. Elle a vraiment embarqué avec nous et c’est un honneur.»