Joséphine Baker au Panthéon : En images, la vie de la « Vénus d’ébène »

diaporama Retour sur le parcours de la sixième femme à devenir « immortelle »

O.J. avec AFP
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Joséphine Baker, le 1er mars 1928.
Joséphine Baker, le 1er mars 1928. — MARY EVANS/SIPA

Première artiste noire célébrée en France, Joséphine Baker (1906-1975) a déjoué l’imagerie raciste qui l’avait rendue célèbre pour s’imposer comme femme libre, héroïne de la Résistance, apôtre de la fraternité universelle et désormais « immortelle » au Panthéon. Née dans la misère aux États-Unis, la « Vénus d’ébène » devint une diva adulée, entra dans le contre-espionnage pendant la Seconde Guerre mondiale puis mena un combat international contre le racisme en devenant la mère de 12 enfants, adoptés aux quatre coins du monde.

Retour, en images, sur la vie de la sixième femme à entrer au Panthéon.


Réalisation : Olivier JUSZCZAK

  • Joséphine Baker, le 1er mars 1928.
    Joséphine Baker, le 1er mars 1928. — MARY EVANS/SIPA

    Freda Josephine McDonald voit le jour le 3 juin 1906 à Saint Louis (Missouri) d’une Amérindienne noire et d’un père, éphémère, d’origine espagnole. Elle grandit dans la vermine et la ségrégation. Placée comme domestique, elle arrête l’école pour se marier à 13 ans. Un échec. Elle rejoint une troupe de danseurs de rue et épouse Willie Baker en 1921.

  • Joséphine Baker, le 1er mars 1928.
    Joséphine Baker, le 1er mars 1928. — MARY EVANS/SIPA

    La jeune fille quitte son mari pour tenter sa chance à New York, mais gardera son nom. Elle intègre difficilement deux troupes à Broadway puis se laisse convaincre par une productrice de rejoindre Paris avec Sidney Bechet.

  • Joséphine Baker, le 8 février 1928.
    Joséphine Baker, le 8 février 1928. — MARY EVANS/SIPA

    Le 2 octobre 1925, la danseuse afro-américaine devient la vedette de « La Revue Nègre » au théâtre des Champs-Elysées et accepte avec réticence d'apparaître seins nus. Ce soir-là, elle ravit le tout Paris avec sa « danse sauvage ». Le public découvre, béat, cette femme noire qui joue avec les fantasmes coloniaux.

  • Joséphine Baker avec son guépard de compagnie à Deauville, en 1930.
    Joséphine Baker avec son guépard de compagnie à Deauville, en 1930. — MARY EVANS/SIPA

    En 1927, aux Folies Bergères, c’est vêtue d’une simple ceinture de bananes et accompagnée d’une panthère vivante que l’artiste burlesque irradie sur scène.

  • Joséphine Baker dans sa propriété dans les années 1920.
    Joséphine Baker dans sa propriété dans les années 1920. — AFP

    La première chanson qu’elle interprète, « J’ai deux amours, mon pays et Paris », en 1930 au Casino de Paris, la consacre comme diva. Femme libre, elle se promène avec un serpent autour du cou, une chèvre en laisse et crée des scandales au gré de ses caprices. Son ardeur sur scène et son exotisme affolent les surréalistes comme Francis Picabia ou Robert Desnos. On lui prête des aventures avec des hommes et des femmes.

  • Joséphine Baker pose aux studios Harcourt, à Paris, dans les années 1930.
    Joséphine Baker pose aux studios Harcourt, à Paris, dans les années 1930. — AFP

    En 1937, la « Venus d’ébène » épouse l’homme d’affaires Jean Lion et devient française. Femme noire, mariée à un homme juif, Joséphine Baker est une cible pour les nazis. Dès lors, son engagement politique va devenir central. Elle chante pour les soldats au front et devient agent de renseignement pour les Forces françaises libres du général de Gaulle.

  • Joséphine Baker, en uniforme militaire, répète avec le compositeur français Vincent Scotto, auteur de la chanson "J’ai deux amours", en octobre 1944 dans un restaurant parisien.
    Joséphine Baker, en uniforme militaire, répète avec le compositeur français Vincent Scotto, auteur de la chanson "J’ai deux amours", en octobre 1944 dans un restaurant parisien. — AFP

    Elle profite des réceptions auxquelles elle est conviée dans les ambassades pour recueillir du renseignement pour le contre-espionnage. Les informations récoltées sont rédigées à l’encre sympathique, invisible sur ses partitions musicales. L’artiste transporte parfois elle-même ces notes compromettantes dans son soutien-gorge. Victime de ségrégation dans son Amérique natale, Joséphine Baker refuse en 1940 de chanter devant les Allemands dans Paris occupé.

  • Joséphine Baker et son nouveau mari, le chef d’orchestre français Jo Bouillon, sourient en regardant un petit garçon jouer de la flûte, le jour de leur mariage, le 3 juin 1947, au château des Milandes à Castelnaud-la-Chapelle, en Dordogne.
    Joséphine Baker et son nouveau mari, le chef d’orchestre français Jo Bouillon, sourient en regardant un petit garçon jouer de la flûte, le jour de leur mariage, le 3 juin 1947, au château des Milandes à Castelnaud-la-Chapelle, en Dordogne. — AFP

    En 1946, elle reçoit la médaille de la Résistance. Le 3 juin 1947, elle épouse le chef d’orchestre Jo Bouillon et ils achètent ensemble le château des Milandes, en Dordogne.

  • Joséphine Baker reçoit la Légion d’honneur et la Croix de guerre avec palmes le 19 août 1961 dans son château des Milandes, des mains du général Martial Valin (1898-1980).
    Joséphine Baker reçoit la Légion d’honneur et la Croix de guerre avec palmes le 19 août 1961 dans son château des Milandes, des mains du général Martial Valin (1898-1980). — AFP

    En 1957, Joséphine Baker, en costume militaire, est décorée de la Légion d’honneur à titre civil mais aussi de la Croix de guerre avec palmes des mains du général Martial Valin (1898-1980). Avec ce même uniforme, elle s'exprime avant Martin Luther King et son fameux « I have a dream » en 1963, à Washington.

  • Joséphine Baker pose avec ses enfants adoptifs à l’occasion de la présentation du livre "La tribu arc-en-ciel", qu’elle a écrit avec Piet Worm et Jo Bouillon, le 25 octobre 1957 à Paris.
    Joséphine Baker pose avec ses enfants adoptifs à l’occasion de la présentation du livre "La tribu arc-en-ciel", qu’elle a écrit avec Piet Worm et Jo Bouillon, le 25 octobre 1957 à Paris. — AFP

    Dans l’impossibilité de faire des enfants depuis une grave infection contractée en 1941 et une opération, Joséphine Baker et son mari décident d’adopter. Ils fondent une famille « arc-en-ciel » en recueillant 12 enfants adoptifs venant de pays différents pour prouver qu' « il n’y a qu’une race humaine ».

  • Joséphine Baker explique ses difficultés financières pour séjourner dans son château des Milandes lors d’une conférence de presse aux chandelles, le 2 juin 1964, à Castelnaud-la-Chapelle, en Dordogne.
    Joséphine Baker explique ses difficultés financières pour séjourner dans son château des Milandes lors d’une conférence de presse aux chandelles, le 2 juin 1964, à Castelnaud-la-Chapelle, en Dordogne. — UPI/AFP

    Au Milandes, elle fonde la « capitale de la fraternité », mais le projet est démesuré et la ruine. Elle remonte sur scène pour sauver son domaine. En vain.

  • Joséphine Baker et ses 12 enfants adoptés visitent l’hippodrome de la Côte d’Azur, le 30 août 1964 à Cagnes-sur-Mer, lors de ses vacances sur la Côte d’Azur.
    Joséphine Baker et ses 12 enfants adoptés visitent l’hippodrome de la Côte d’Azur, le 30 août 1964 à Cagnes-sur-Mer, lors de ses vacances sur la Côte d’Azur. — UPI/AFP

    Joséphine et Jo, avant leur séparation, ont fait éclore autour du château une sorte de complexe de loisirs avant l’heure. En 1964, Brigitte Bardot lance un appel télévisé et signe un gros chèque qui sauve les Milandes. Mais, quatre ans plus tard, les bâtiments sont vendus aux enchères et l’artiste expulsée, à 62 ans. Grace de Monaco lui offrira l’hospitalité.

  • Joséphine Baker répète son nouveau spectacle avec Bruno Coquatrix au piano, le 30 mars 1968 à la salle de concert Olympia à Paris.
    Joséphine Baker répète son nouveau spectacle avec Bruno Coquatrix au piano, le 30 mars 1968 à la salle de concert Olympia à Paris. — UPI/AFP

    Joséphine Baker remonte sur la scène parisienne de l’Olympia, en 1968.

  • Dans cette photo d’archive prise le 27 novembre 1973 Joséphine Baker se produit lors de son spectacle pour le gala franco-américain au château de Versailles, près de Paris.
    Dans cette photo d’archive prise le 27 novembre 1973 Joséphine Baker se produit lors de son spectacle pour le gala franco-américain au château de Versailles, près de Paris. — AFP

    Elle poursuit sa carrière d’artiste dans différents pays en participant à de grands galas.

  • Joséphine Baker se produit lors de son dernier spectacle le 26 mars 1975, à Bobino, à Paris, deux semaines avant sa mort, le 12 avril 1975.
    Joséphine Baker se produit lors de son dernier spectacle le 26 mars 1975, à Bobino, à Paris, deux semaines avant sa mort, le 12 avril 1975. — PIERRE GUILLAUD/AFP

    Le 24 mars 1975, pour célébrer ses cinquante ans de carrière, elle inaugure la rétrospective Joséphine à Bobino.

  • Une foule nombreuse assiste aux funérailles de la danseuse et chanteuse française d’origine américaine Joséphine Baker, le 15 avril 1975, dans l’église de la Madeleine, à Paris.
    Une foule nombreuse assiste aux funérailles de la danseuse et chanteuse française d’origine américaine Joséphine Baker, le 15 avril 1975, dans l’église de la Madeleine, à Paris. — AFP

    Elle décède quelques jours plus tard, le 12 avril 1975, des suites d’un AVC. Ses funérailles sont célébrées le 15 avril dans l’église de la Madeleine, à Paris. Le 30 novembre 2021, en entrant au Panthéon, elle devient « Immortelle ».

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