Ça balance l'été au bord de l'eau

©2006 20 minutes

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Salsa, rock, tango : l'été, les danses de salon se pratiquent à la belle étoile, gratuitement, par beau temps, et dans un décor de rêve. Sur les quais de la Seine, à Paris ou à Rouen ; au bord de la Garonne, à Bordeaux et Toulouse ; face à la mer à Nice... Dans la capitale, où ce rituel fut lancé voilà plus de vingt ans, le jardin Tino-Rossi, sur le quai Saint-Bernard (Paris 5e), offre des pistes idéales : une enfilade d'amphithéâtres au bord de l'eau, qui permettent aux diverses danses de cohabiter dans une même soirée. A l'origine, cet espace est un musée de sculptures en plein air, ce qui ne gâche rien : les danseurs y tournoient sous les lumières des Bateaux Mouches, entre deux sculptures de César et de Brancusi...

« Beaucoup de mes élèves ont chopé le virus du tango ici », plaisante Eric, qui donne des cours en début de soirée aux débutants zélés ou simples passants.

Longtemps, la municipalité a toléré tacitement ces bals improvisés. Mais des riverains se sont plaints du bruit. « Comme tout ça nous paraissait bien sympathique, nous avons demandé aux organisateurs de se réunir en une association garante du bon déroulement des soirées », explique le responsable « événements » de la Mairie de Paris, laquelle autorise ces bals entre 19 h et minuit, depuis la création de l'association Paris danse en Seine, en 2003. Finalement, ces bals renouent avec la tradition des guinguettes qui égayèrent les quais de bien des fleuves dès le xviiie siècle.

Judith Sibony

7 familles de danses sont représentées sur les quais parisiens : rock, swing, tango, salsa, « folks », capoeira et danses israéliennes. 10 000 adresses e-mails ont été récoltées sur les quais parisiens depuis six ans par Danse avec nous. 2 000 contacts ont été réunis à Bordeaux en deux ans, et presque 1 000 à Toulouse et Nice depuis l'an dernier. 345 écoles de danse proposent des cours de rock en France, contre 400 pour la salsa et 215 pour le tango, selon le site Danse-a-2.com