Royal répertoire de machines de luxe

©2006 20 minutes

— 

Leur poids : de onze grammes à cent cinquante tonnes. Une centaine de machines de spectacles sont réunies jusqu'au 13 août sous la nef du Grand Palais (Paris 8e), pour le festival Paris Quartier d'été.

Baignoire roulante, machine à applaudir, chiotte-solex, canon à oeufs ou machine à marcher comme les Egyptiens... La plupart de ces inventions loufoques sont issues des spectacles de rue de la compagnie nantaise Royal de Luxe. « L'idée du Grand Répertoire est venue d'un passage dans leurs ateliers. Plus précisément dans une salle nommée « le musée » où sont entreposées en vrac les machines qui, une fois les tournées achevées, restent inutilisées. C'est en quelque sorte une casse d'objets précieux », explique François Delarozière, initiateur et scénographe de l'exposition. Mais montrer ces machines inertes, même dans un si beau cadre, n'offrirait pas grand intérêt si une vingtaine d'animateurs n'étaient pas là pour présenter tous les objets, en prenant parfois le public comme cobaye.

Vendredi dernier, lors de l'ouverture officielle de l'exposition, le spectateur privilégié n'était autre que le ministre de la Culture. Renaud Donnedieu de Vabre a ainsi testé avec un plaisir bien visible le strip-tease à 20 centimes où une marionnette soulève sa jupe, la machine à croquer les pommes de Catherine Deneuve dont les mâchoires d'acier couvrent le fruit de rouge à lèvres ou bien la machine à odeurs, énorme ventilateur qui diffuse des parfums plus ou moins agréables. Mais le clou de l'exposition est sans nul doute la catapulte à pianos, qui projette l'instrument à plusieurs mètres dans un grand fracas et allume un grand mur de lumières. Le ministre protecteur des arts, qui a lui-même actionné l'engin, s'est aussitôt justifié : « Le pauvre piano n'était plus en état de fonctionner... C'est toujours mieux que de le recycler en cave à liqueurs kitsch. »

Jeanne Dréan