Mort de la chanteuse mexicaine Chavela Vargas

A.L

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«Piensa en mi», «La Llorona» ou encore «El ultimo trago» comptaient parmi ses titres les plus célèbres. La chanteuse mexicaine Chavela Vargas est morte ce dimanche à l'âge de 93 ans dans un hôpital de Guernavaca, au Mexique, a annoncé sa biographe.

Arrivée au Mexique depuis son Costa Rica natal dans les années 1930, Isabelle Vargas Lizano, de son vrai nom, avait commencé sa carrière en chantant dans les rues. Elle a connu son heure de gloire dans les années 1960 et 1970, devenant la figure emblématique de la chanson «ranchera», un genre musical chanté presque exclusivement par des hommes.

Chavela Vargas avait parcouru le monde entier, remplissant sans mal les salles mythiques de l’Olympia à Paris, et du Carnegie Hall à New York.

Almodovar: «Chavela Vargas avait fait de l'abandon et de la désolation une cathédrale»

Vêtue comme un homme, portant un pistolet, «la Vargas» comme on l’appelle au Mexique, était reconnaissable à son poncho traditionnel rouge, le jorongo. Elle avait affirmé ouvertement son homosexualité lors d’un entretien télévisé en 2000.

Son amitié avec des grandes figures de la culture mexicaine comme les peintres Frida Kahlo et Diego Rivera ou l’écrivain Juan Rulfo avait aussi contribué à faire d’elle un personnage de légende, adulé par certains, haï par d’autres pour sa conduite extrêmement libérale et son franc-parler.

Le réalisateur Pedro Almodovar, dont elle était une amie très proche et qui l’avait comparée à Edith Piaf, lui a rendu hommage: «Chavela Vargas avait fait de l'abandon et de la désolation une cathédrale dans laquelle nous nous abritions tous, et qui nous réconciliait avec nos propres erreurs, nous rendant le désir de continuer, et d’essayer à nouveau.»