Syd Barrett, musicien barré, disparaît

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Syd Barrett est mort vendredi dernier, chez lui à Cambridge, mais ce décès n'a été annoncé que mardi en fin d'après-midi. La porte-parole du groupe psychédélique est restée très évasive sur les causes de la mort du fondateur et premier chanteur des Pink Floyd, avançant les conséquences d'un diabète dont il souffrait depuis plusieurs années. Né à Cambridge le 6 janvier 1946, Roger Keith Barrett était le dernier d'une famille aisée de cinq enfants. Adolescent, il est très perturbé par la mort de son père et se réfugie dans l'art, se passionnant pour le blues et la peinture. Il intègre d'ailleurs les Beaux-Arts avant de rejoindre en 1965, Tea Set, un groupe fondé par Roger Waters. Il en prend aussitôt les commandes et le rebaptise « Pink Floyd », en hommage aux bluesmen Pink Anderson et Floyd Council. En 1966, le mouvement psychédélique explose, avec à sa tête, Barrett et le Floyd. C'est lui qui signe le plus gros du premier album, The Piper at the Gates of Dawn, mélange de bijoux pop et de titres expérimentaux. Il commence alors à abuser du LSD et disjoncte peu à peu. Ses excentricités réjouissent le public, mais le Floyd finit par lui trouver un remplaçant en 1968, en la personne de son meilleur ami, David Gilmour. Syd sort encore deux albums solo puis s'enferme chez sa mère en 1970. Il n'en sortira plus, victime de ses abus de drogues et de crises de paranoïa. « Syd Barrett a imaginé à lui seul la musique cosmique, déclare Philippe Manoeuvre, rédacteur en chef de Rock&Folk, qui, coïncidence, sort un spécial Pink Floyd le 15 juillet. Le Floyd lui a rendu hommage sur tous ses albums, essayant de reconstruire ce qu'il aurait pu composer. Syd n'a jamais perdu le contact avec le reste du groupe qu'il venait voir en studio à chaque étape de sa carrière. Gilmour lui a d'ailleurs dédié le concert de reformation lors du Live 8 en juillet 2005. Syd, c'était le Rimbaud du rock. »

I. Chelley