Le crunk, nouvelle vague du hip-hop

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Le hip-hop a un nouveau rejeton au succès grandissant : le crunk. Ce courant musical est au rap ce que le heavy metal est au rock. De grosses basses, un son répétitif, poussé à fond et des paroles outrancières pour un résultat clairement cathartique. C'est au début des années 2000 que Lil'Jon, producteur d'Atlanta, popularise cette musique dont le nom est une contraction de crazy (fou) et de drunk (saoul). A Paris ce soir, pour un show case au VIP Room, il confirme son statut de grand prêtre du crunk, sans en être l'inventeur. « Le crunk n'est pas quelque chose qui vient de naître. C'est un mot et un style de vie qui a toujours été présent dans le sud. Avec mon groupe, The East Side Boyz, on l'a juste porté à un niveau supérieur. » Le mode de vie dont parle Lil'Jon est basé sur deux valeurs phares : l'argent roi et la femme objet. Celui qui ne sort jamais sans sa coupe à cognac sertie de quatre-vingt-sept diamants, ses gros bijoux clinquants et son appareil dentaire en platine est adepte de textes pornographiques, de clips torrides, de tenues de maquereau et de grosses cylindrées. Son seul but est de « donner envie à tout le monde de bouger frénétiquement sur un morceau bourré d'énergie. C'est un peu comme un médicament antistress. Ça se danse tout seul. Alors on est tellement à fond qu'on oublie tout le reste. » Flow saccadé, braillements alcoolisés, mise en boucle obsessionnelle et sonorités électroniques violentes sont les ingrédients de cette formule magique ayant déjà permis à Lil'Jon d'écouler 6 millions de ses quatre albums. Aujourd'hui, le crunk attire autant qu'il effraie. Et il n'a pas fini de faire parler de lui.

Adeline Lajoinie

En attendant le nouvel album de Lil'Jon, Crunk Rock, en septembre, on peut se rabattre sur les très énergiques In Stores Now de Da Musicianz, Back 2 Da Basics de Yo Gotti ou la compilation Crunk Hits avec Kanye West, Ciara et Usher. Le crunk a même son film, Hustle and Flow, qui vient de sortir en DVD.