Les Big Boss du rap français aux manettes

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Aux Etats-Unis, les noms de producteurs de hip-hop tels que Jay-Z, DrDre ou Timbaland suffisent à faire le succès d’un disque. En France, il faut être un vrai spécialiste du rap pour donner le Top 10 des producteurs à la mode.Mais depuis quelques années, des noms se détachent:Madizmet Sec Undo (Kool Shen),Kore et Skalp (Booba), DJ James (Joey Starr) ou Tefa et Masta. Ces derniers, architectes des succès de Diam’s et de Sinik, viennent de réaliser la compilation Hostile2006. Si le duo est méconnu du grand public, les rappeurs s’arrachent leur savoir- faire et leur réputation rigoriste. Après une expérience de DJ,«parce que ça apprend à vraiment écouter la musique et à respecter celle des autres », explique Tefa, ils ont produit leur premier album il y a dix ans. Pour devenir, aujourd’hui, de vrais « réalisateurs ». La différence entre les deux termes ? « Le producteur compose le son. Le réalisateur donne les directions pour la voix, la musique et fait tous les arrangements.» Sur Hostile 2006, Tefa et Masta ont imposé leur «dictature»à des MCinconnus, «qui ont l’envie demontrer qu’ils sont meilleurs que le voisin ».Ayant travaillé avec Dr Dre, le rappeur Busta Rhymes confirme l’importance de cette exigence : « Dre est un vrai producteur. Il crée, comme un sculpteur,une image de l’album. Il reste des heures avec toi dans le studio pour s’assurer que la chanson est parfaite. »Resteune différence majeure entre producteurs français et américains : les moyens. « On n’a pas, comme Dre, trois ans pour faire un album.Ni la possibilité d’engager des musiciens sur chaque projet, confirme Tefa. Mais la particularité des producteurs de rap, ce sont ces samples qui offrent à lamusique une grande ouverture.Et quand on a cette curiosité-là, pas besoin de millions d’euros.»

Adeline Lajoinie