Les concerts et festivals en chiffres

MUSIQUE Pour bien commencer la saison, Claire Giraudin, auteur d'une étude pour la Sacem donne les chiffres de la saison des festivals...

Anne Dumoulin

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La chanteuse Yelle aux Francofolies de la Rochelle.
La chanteuse Yelle aux Francofolies de la Rochelle. — ROMAIN CHAMPALAUNE / SIPA

Avec le Printemps de Bourges, la saison des festivals musicaux a commencé. C’est ce que montre la première partie d’une étude sur les festivals musicaux, réalisée par Claire Giraudin, déléguée à l’analyse stratégique à la Sacem. Pour 20 Minutes, décryptage.

La java du spectacle vivant

1,1 million d’œuvres ont été jouées sur scène en 2011, soit quelque 160.000 spectacles vivants (concerts, ballets, humour). Ils ont permis à la Sacem de percevoir un total de 76,9 millions d’euros de droits d’auteur en 2011, soit une hausse de 1,9% par rapport à 2009. «90% des droits perçus proviennent des concerts, soit 68 millions d’euros», se réjouit Claire Giraudin. Pas moins de 257.715 morceaux ou 1 an, 350 jours et 21 heures de musique en continu!

Les organisateurs des noubas

«Depuis quelques années, le secteur associatif prend une place de plus en plus importante dans l’organisation d’événements. Les droits générés par le secteur associatif sont en hausse de 9,3%. Elles organisent près de 100.000 concerts par an, bien souvent, dans le cadre de festivals», remarque la déléguée. La vitalité de l’offre des concerts n’est donc pas que le fait des professionnels. «On reproche souvent à la Sacem de percevoir des droits sur des événements organisés par de petites associations, mais ce sont ces droits perçus qui permettent à de jeunes auteurs-compositeurs de gagner de l’argent et de se lancer sur la voie de la professionnalisation», rappelle Claire Giraudin. L’étude montre que, pour la musique, près de 30.212 créateurs ont bénéficiés de ces revenus.

Des festivals plus mixtes

En 2011, la Sacem a recensé 841 festivals musicaux en France, qui génèrent 12 millions de droits d’auteur, soit 15,6% des droits d’auteur collectés du spectacle vivant. Les festivals de musiques amplifiées (pop-rock, rap, électro, etc.) représentent près d’un tiers des festivals, vient ensuite le jazz, la musique du monde, et la musique classique. Claire Giraudin tempère: «Depuis une dizaine d’années, on remarque que les festivals sont de moins en moins axé sur un seul genre, la mixité est de rigueur. Il a été très difficile d’organiser de classer les festivals par genre musical.» Le jazz et la musique du monde, moins représentés à la radio, trouvent leur public à l’occasion des festivals… surtout l’été.

La bamboula du solstice d’été

Sans surprise, la majorité des festivals de musique a lieu en été. La seconde semaine de juillet est la plus festivalière avec pas moins de 82 manifestations. «Les deux tiers des festivals ont lieu l’été, cela semble évident pour des raisons météorologiques, cependant, il n’existait pas encore de données chiffrées à ce sujet.»

Les régions festives

La Provence-Alpes-Côte-D’azur est la région qui accueille le plus de festivals (147), suivie par la région Rhône-Alpes (87) et l’Ile-de-France (62). «On observe une corrélation entre la densité de la population, l’activité touristique domestique et internationale, et le nombre de festivals implantés. L’Ile-de-France avec Paris arrive seulement en troisième position, car la capitale bénéficie d’un riche réseau de salles de spectacle.» En termes de droits d’auteur, la Bretagne chipe la place de l’Ile-de-France sur le podium: «La Bretagne accueille des gros festivals comme les Vieilles charrues et les Transmusicales de Rennes.»

Les éternels teuffeurs

En termes de programmation, «certains artistes préfèrent la tournée des festivals à une tournée», souligne Claire Giraudin. Zebda se classe premier au Top 15 des artistes que vous aurez le plus de chance d’écouter en festival ce printemps-été 2012, selon une étude de sourdoreille.net. Le groupe toulousain tiendra l’affiche de pas moins de 36 festivals. «Allez-vous échapper aux Brigitte», plaisante Claire Giraudin.

Les réjouissances européennes

Et à l’international? «Il n’y a pas pour le moment d’études à ce sujet chez nos voisins européens. Cependant, depuis quelques années, des festivals énormes de musique se développent et drainent, non pas un public national, mais un public européen. Je pense aux festivals tels qu’Exit en Croatie, ou Szeget en Hongrie. Les agences de voyages proposent désormais sur le Web des formules bundle (transport + ticket + hébergement). Il existe même des prix récompensant les festivals à l’échelle européenne : les European Festival Awards. C’est ça, la grande tendance  actuelle», conclue la déléguée à l’analyse stratégique de la Sacem. De quoi allier musique et tourisme cet été!