Robbie Williams showman de génie

©2006 20 minutes

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Peu avant son grand retour en France au Parc des Princes, demain soir, Robbie Williams était mardi au stade Roi-Baudouin de Bruxelles. Six cent mille fans avaient bravé canicule, embouteillages et panne de métro pour venir l'applaudir. Des galères oubliées dès l'entrée flamboyante de la pop star entre des colonnes de feu. Dès lors, toute résistance devient futile. Robbie Williams ne se contente pas de balancer en raffale les tubes Radio, Rock DJ ou Trippin'. Il arpente une plate-forme tournante placée au coeur des premiers rangs, imite la démarche de Charlot, canne en main, serre les mains tendues, organise une ola dans les gradins. L'excitation ne retombe pas, même lorsqu'il parle entre deux chansons. « Si vous avez trop chaud, mettez-vous à l'aise. Je me déshabille si vous vous mettez à poil. » Une fille balance son soutien-gorge, Robbie salue son geste. Le temps d'une version aérienne de Millennium, avec intro et final a cappella et projections d'étoiles sur les écrans géants, le chanteur reprend son sérieux. Qu'il oublie aussitôt en organisant un karaoké géant tandis que défilent sur écran les paroles de Strong ou en greffant sur la fin de Come Undone un couplet et un refrain emprunté au Walk on the Wild Side de Lou Reed. Sur la dernière mesure de Feel, il disparaît, happé par une trappe et ne ressurgira qu'au rappel, perché dans une nacelle, avant d'amorcer une descente au son d'un de ses premiers tubes solo, Let Me Entertain You. « Vous m'auriez vu à Dublin l'autre soir. Ce truc est resté bloqué et j'avais l'air d'un con perché là-haut. » Mais il n'y avait pas que la technologie et le public qui s'étaient mis du côté de Robbie Williams à Bruxelles : un orage qui menaçait a attendu la fin du show pour éclater.

Isabelle Chelley