Pour faire un bon film de série Z

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Lloyd Kaufman a réalisé trente et un films et en a produit pas moins de soixante et un.
Lloyd Kaufman a réalisé trente et un films et en a produit pas moins de soixante et un. — SIMON BEUZART / BIFF

Des héros improbables, des filles nues et des bras arrachés. Avec ces ingrédients, Lloyd Kaufman, président de Troma Entertainment, réalise ou produit depuis 1974 des films tels que The Toxic Avenger ou Poultrygeist (avec des poules zombies). Mardi, au Festival international du film fantastique de Bruxelles (Bifff*), il a livré ses recettes lors d'une master class.

G « Ayez quelque

chose à dire »
Leçon de cuisine cinématographique : le script « c'est la sauce pimentée de votre pizza culturelle. A Troma, nous réalisons des films dans lesquels nous croyons », explique-t-il.
G « Prenez des acteurs qui n'ont pas froid aux yeux »
« Les candidats au casting ont une minute pour faire n'importe quoi devant la caméra. On veut des gens qui sont prêts à donner trois mois de leur vie, dormir par terre, tourner à poil… » Parmi ceux employés par Troma, il y a eu Kevin Costner, Samuel L. Jackson, mais aussi Edouard Baer et Ariel Wizman.
G « Vous n'avez pas besoin d'argent pour réussir »
Father's Day, présenté mardi au festival, n'a, selon lui, coûté que 10 000 dollars. « L'inconvénient, quand vous faites un film à petit budget, c'est que vous travaillez avec des personnes inexpérimentées. L'avantage, c'est que ces personnes ignorent ce qu'il est impossible de faire avec seulement 10 000 dollars ! »
G « Tournez en décors naturels »
Pour lui, les décors naturels sont « inimitables et permettent au public de mieux adhérer ». Sinon, il laisse de la place à l'improvisation, tourne ses plans en un mois. Et rajoute après « quelques plans additionnels pour améliorer le film. »
G « Convainquez les salles une par une »
Atteindre le public « c'est le vrai problème. Il faut trouver les endroits où les films indépendants sont mis en valeur. » Selon Lloyd Kaufman, Father's Day n'a été diffusé que dans une centaine de salles aux Etats-Unis. En Europe, on ne l'a guère montré qu'au Bifff.