Yoga aérien, besoin de rien, envie d'envol

Anne Kerloc'h

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Photos : fly-yoga.fr

Dans ce hamac, inutile d'espérer dormir. Parmi les différentes formes de yoga aérien, le Fly Yoga© se présente comme un alliage sportif de yoga et d'arts du cirque. A pratiquer environ un mètre au-dessus du sol, dans un drapé de tissu stretch.
Rendez-vous pour un test en sueur nature au Club Med Gym. La flipounette qui sommeille en nous ne peut s'empêcher d'examiner trois fois les mousquetons qui suspendent l'ensemble au plafond (check), la solidité des nœuds (check, re-check). Tout est sécurisé, le risque de valdinguage est exclu, on se détend… c'est le but.
Premier exercice, sauter pour s'asseoir dans le hamac. D'un mouvement gracieux, les élèves s'élancent. D'un mouvement laborieux, l'auteur de ses lignes s'élance (fois 3). Après quelques tortillements, c'est bon.

Stretch, so stretch
Dans sa balançoire de tissu, on se sent rassurée, d'esprit joueur (ça balance, ça balance), et on deviendrait presque téméraire. Les mouvements s'enchaînent, on s'allonge, on s'élongue, on tend les jambes en tirant sur le tissu, sans bousculer ses articulations. Impression de souplesse, on se sent presque aussi stretch que le tissu. Le cours avance et Florie, créatrice du Fly Yoga©, nous annonce : « On va passer aux rétroversions. » Soit des postures librement inspirées du cochon pendu, tête en bas, tournoiement du hamac en plus. Et pour tourner, ça tourne… Mon estomac me rappelle que nous ne naissons pas libres et égaux devant l'oreille interne. En fait de sensation inédite, je revis surtout celle, déjà éprouvée, d'une traversée Jersey-Guernesey. Par temps houleux. Pendant que les trois quarts du cours s'éclatent, un quart de petites sensibles dans le même cas effectuent des mouvements de récupération sur les conseils de Florie, qui adapte le cours à chacun. Pour finir, on s'enveloppe dans le hamac comme dans un cocon. Petit haricot dans sa cosse, on respire, on ferme les yeux, on se balance. On se sent bien, on se sent légère… On a 10 ans.