Amadou et Mariam: «La musique, c'est facile. Pas la vie»

MUSIQUE Les musiciens maliens ont invité du beau monde sur leur album «Folila»...

propos recueillis par Benjamin Chapon

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Amadou et Mariam en concert, en juin 2010.
Amadou et Mariam en concert, en juin 2010. — LYDIE/SIPA

Au gré des tournées, Amadou & Mariam se sont fait l'un des carnets d'adresses les plus fournis du show-biz. Keziah Jones, Damon Albarn, Manu Chao comptent parmi leurs fans. Pour ce nouvel album, le couple a, de nouveau, convié des amis.

Comment rencontrez-vous les gens qui participent à vos albums?

Ça dépend. Souvent, ils viennent nous voir. On se parle, et si le courant passe bien entre nous, on travaille ensemble.

Ça paraît simple...

C'est simple. La musique est un langage universel, surtout la nôtre, très directe et appuyée sur des sentiments comme l'amitié, l'amour et la peine.

Certains sont très éloignés de votre style, tel Santigold.

Ils s'adaptent à notre façon de travailler. Ils viennent à nous parce qu'ils aiment notre musique. Avec de l'amour et de la patience, on arrive à tout.

Il n'y a jamais de problème?

Non. Le plus dur, c'est les agendas. Sinon, la musique, c'est facile. Pas comme la vie.

La vie semble facile et belle dans vos chansons…

C'est un mensonge (rires).

Comment Bertrand Cantat est-il arrivé sur le projet?

On se connaît depuis longtemps. Il est venu passer quelques jours chez nous, au Mali. Il s'est reposé, il a composé des textes, on a joué ensemble. Je crois que ça lui a fait du bien, l'Afrique. Il a découvert un autre rythme.

«Folila» sans folie

L'Anglaise Ebony Bones, le rappeur américain Theophilus London, le funkster de Detroit Amp Fiddler… L'éclectisme des invités de Folila est détonant. Il n'empêche, c'est encore le duo Amadou & Mariam qui touche le plus, sans doute moins rythmé, mais aussi moins artificiel.