Des «incultes» bien en plumes

Karine Papillaud

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A gauche, toute l'équipe des éditions Inculte au Salon du livre. A droite, l'écrivain Maylis de Kerangal, auteur notamment de Tangentes vers l'est.
A gauche, toute l'équipe des éditions Inculte au Salon du livre. A droite, l'écrivain Maylis de Kerangal, auteur notamment de Tangentes vers l'est. — BALTEL / SIPABALTEL / SIPA

Un mouvement littéraire aujourd’hui, c’est tellement rare qu’on ne pouvait pas laisser passer l’occasion de parler d’Inculte. Lancé comme une revue, ce collectif est rapidement devenu une vraie vague, qui mène bien sa barque et ses plumes.

La preuve par les noms

Maylis de Kerangal, Prix Médicis 2 010 pour Naissance d’un pont et Prix Landerneau 2 012 pour Tangente vers l’est (Verticales), est l’une des deux filles de la bande. Une puissance narrative étonnante à l’instar de Claro, écrivain et traducteur, l’un des piliers et une plume redoutable, Mathieu Larnaudie, Oliver Rohe, Arno Bertina, qui vient de sortir Je suis une aventure (Verticales), Mathias Enard, Stéphane Legrand, Bruce Bégout, Nicolas Richard et Hélène Gaudy composent cette tribu très élective.

Inculte depuis 2004

En 2004, Mathieu Larnaudie, Jérôme Schmidt, Oliver Rohe et Benoît Maurer créént une revue en format poche, entre recherche et pochade. Aujourd’hui, Inculte est une maison d’édition gérée par Jérôme Schmidt et Alexandre Civico, le centre de gravité de la nébuleuse.

Ego ou égaux ?

«On a une bonne distance entre ressemblances et différences», résume Mathieu Larnaudie. Pas de querelles d’égos, mais une vraie bande de potes qui aime faire la fête, et une confiance mutuelle entre ces fortes personnalités. «On est tous partants pour penser qu’une bonne idée arrive souvent tard dans la soirée et qu’il n’en reste souvent que deux à s’en souvenir.» Pour les fâcher, il suffit de leur dire que c’est Les Petits Mouchoirs, version littéraire.

Emulation et stimulation

«Il y a beaucoup de différences esthétiques entre nous, explique Alexandre Civico, mais nous avons tous le désir de ne pas hiérarchiser la culture et de casser les barrières entre littérature et philosophie d’un côté et culture populaire de l’autre». Profession de foi ? «Inculte, c’est de l’émulation, des discussions, pas du dogme ou de la compétition.»