Œil pour œil, dent pour dent, balle pour balle

olivier mimran

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« 100 Bullets » a été créé sous le label de Vertigo et de DC Comics.
« 100 Bullets » a été créé sous le label de Vertigo et de DC Comics. — Brian azzarello et Eduardo Risso/Urban comics

«C'est de très loin le titre le plus excitant que j'aie lu depuis des années ! » L'hommage a d'autant plus de poids qu'il émane d'Howard Chaykin, l'un des plus grands scénaristes de comics des deux dernières décennies. Il faut dire que « 100 Bullets » (Urban Comics), avec son concept original et déclinable à l'infini, a tout pour captiver : dans chacun de ses épisodes (chaque volume en comptant deux ou trois), un mystérieux agent offre à des personnes ayant un jour été des victimes le moyen de se faire justice en toute impunité. Ecrite par Brian Azzarello et dessinée par Eduardo Risso, la série, culte aux Etats-Unis, ressort enfin en France en version cartonnée.

Tonalités et univers variés
La vengeance oblitère-t-elle toujours le malheur ? C'est la question que se posent celles et ceux abordés par l'agent Graves, dont on sait juste qu'il ne travaille pour aucun organisme officiel. Après leur avoir indiqué l'identité de ceux qui leur ont – directement ou pas – causé du tort, il leur offre une malette contenant un pistolet et cent balles intraçables ; puis leur certifie que leurs actes seront « couverts ». Sauf qu'il n'est pas si facile d'appliquer la loi du talion… Outre la fraîcheur de son idée de départ, « 100 Bullets » vaut pour la variété des personnages qui l'animent – et qu'on retrouve régulièrement dans la série : une jeune veuve tout juste sortie de prison, un barman injustement accusé de pédophilie, un glacier ambulant dont la grand-mère a péri dans un incendie criminel, etc. Et comme chaque récit se situe dans une tonalité et un univers différents, le lecteur n'éprouve jamais de lassitude. Un tour de force quand on sait que le titre, créé en 1999, compte 100 épisodes représentant 2 237 pages ! Incontestablement l'un des must-have de ce début d'année.