De la piraterie moderne

olivier mimran

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Jim Hawkins devient Jacqueline.
Jim Hawkins devient Jacqueline. — S. venayre et J. Strassen/futuropolis

Le « Yo ho ho, et une bouteille de rhum ! » de Long John Silver, le pirate imaginé par Robert Louis Stevenson, ne retentit pas dans L'Ile au trésor de Sylvain Venayre et Jean-Philippe Stassen (Futuropolis). Dans leur relecture du roman d'aventures culte de Stevenson, les pirates sont passés au champagne, l'auberge l'Amiral Benbow est un troquet de banlieue et le jeune Jim Hawkins devient Jacqueline, une petite fille noire !

L'apprentissage du bien et du mal
Loin d'être la première adaptation de L'Ile au trésor en BD (Hugo Pratt s'y est collé par exemple en 1980), cette version est sans doute l'une des plus audacieuses en ce qu'elle est transposée dans un univers urbain contemporain. L'action commence en effet dans un café-hôtel jouxtant un énorme chantier. Un homme s'y installe et confie à la fille du propriétaire qu'il craint pour sa vie. De fait, il meurt mystérieusement après qu'un boîteux à jambe de bois y a débarqué à son tour… Qu'on se rassure, il est ici aussi question de trésor, d'entourloupes et de bagarres. Mais s'il conserve son parfum d'aventure, le récit élaboré par l'historien Sylvain Venayre, spécialiste du XIXe siècle, pose l'éternelle question de l'apprentissage du bien et du mal. Un thème auquel le climat actuel confère une résonance troublante.