ai weiwei, l'icône contestataire

Amalia Casado

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Emblématiques, les « Etudes de perspective » sont alignées au Jeu de Paume.
Emblématiques, les « Etudes de perspective » sont alignées au Jeu de Paume. — PMG / SIPA

Art en exil. Ai Weiwei, 55 ans, est toujours interdit de sortie de territoire en Chine. Mais l'œuvre de cet artiste contemporain, elle, a passé les frontières. Le Jeu de Paume lui consacre une rétrospective. Photos, blog, tweets, critiques, performances, architecture (il a collaboré au design du stade olympique de Pékin), ses supports d'expression sont multiples.

Le doigt d'honneur au système
L'exposition présente surtout le travail photographique de ce fervent défenseur des droits de l'homme et de la liberté d'expression. Il travaille par séries thématiques, et c'est de cette manière qu'est conçu l'accrochage, par empilement de photos les unes à côté des autres. Celles de Pékin sont presque documentaires, présentant des espaces en construction au milieu d'une ville éventrée, préparée à accueillir « Le progrès ». Au milieu de scènes d'urbanisation anarchique, des mouvements sont apportés par des écrans. Des passants montent un escalier, d'autres le descendent. Des voitures se croisent de part et d'autre d'une voie rapide. Emblématiques, ses « Etudes de perspective » sont alignées par dizaines. L'artiste brandit son majeur gauche devant les monuments du pouvoir à travers le monde. Buckingam Palace, la tour Eiffel, le Colisée à Rome et La place Tian'anmen qui a été, en 1995, le premier sujet. Dans ses « Portraits de conte de fées », Ai Weiwei photographie 1 001 personnes qu'il invite à la documenta de Cassel, en Allemagne, l'une des plus grandes manifestations d'art contemporain au monde. Une jeune femme exécute fièrement un grand écart, un autre sourit humblement. Ses visages doux sont ceux d'une Chine qui se tient debout. Le travail d'un activiste, avant tout.