Tout le monde fait chapeau bas pour «The Artist»

Caroline Vié

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Thomas Langmann, Jean Dujardin, Uggie, et Ludovic Bource aux Oscars.
Thomas Langmann, Jean Dujardin, Uggie, et Ludovic Bource aux Oscars. — G. HERSHORN / REUTERS

Un prix d’interprétation à Cannes, six césars, un Goya sept Bafta, trois Golden Globes, quatre Spirit awards (trophées du cinéma américain) et surtout son succès aux Oscars dans la nuit de dimanche à lundi, avec pas moins de cinq statuettes dont celle du meilleur film, du meilleur réalisateur pour Michel Hazanavicius et du meilleur acteur pour Jean Dujardin, The Artist triomphe avec plus de 70 récompenses internationales. Un succès inespéré pour un projet qui a eu bien du mal à se monter.

«La Warner a choisi ensuite une stratégie exceptionnelle en ressortant The Artist le 25 janvier dernier avant les Césars et les Oscars alors qu’on attend habituellement le palmarès», explique Laurent Cotillon, rédacteur en chef du Film français. Un nouveau pari gagnant pour Michel Hazavanicius et son équipe.

L’effet des Césars: une hausse de 60 % de fréquentation ce week-end pour «The Artist»

«Nous voulions que The Artist ne soit pas cantonné à la niche du cinéma d’auteur, en faire un succès populaire», précise Emmanuel Durand, vice-président en charge du marketing chez Warner Bros France. Ressortir The Artist dans 300 salles le 25 janvier dernier a permis d’attirer un total inespéré de 2,3 millions de spectateurs, et ce n’est qu’un début.

L’effet des Césars a déjà permis une hausse de fréquentation de 60 % ce week-end. Avant Jean Dujardin, Bérénice Bejo et leurs amis prennent leurs quartiers dans deux cents salles supplémentaires dès mercredi. «Ce succès prouve que notre métier comporte encore une part de magie, insiste Emmanuel Durand. Il n’existe pas de recette car le film n’a rien d’un produit de marketing.» Et The Artist d’avancer silencieusement vers le sommet des trois millions d’entrées.

Quand l’ami Oscar s’embarque pour la France

Après tout, Oscar est aussi un prénom français… Ils sont en tout 70 frenchies à avoir pu emporter une des statuettes les plus convoitées du cinéma mondial. On pense notamment à Marion Cotillard (récompensée pour La Môme en 2008), Juliette Binoche (couronnée pour Le Patient anglais en 1997), Simone Signoret (célébrée en 1960 pour Les Chemins de la haute ville) et Claudette Colbert (louée pour New York-Miami en 1935). Elles sont les « oscarisées » les plus connues. Mais il serait injuste d’oublier que les frenchs lovers Louis Jourdan et Maurice Chevalier ont reçu chacun un oscar d’honneur : l’un en 1943, l’autre en 1959. Côté réalisateurs, citons Claude Lelouch (Un homme et une femme, 1967) François Truffaut (La Nuit américaine, 1974), Jean-Jacques Annaud (La Victoire en chantant, 1978) Bertrand Blier (Préparez vos mouchoirs, 1979) ou Régis Wargnier (Indochine, 1993), tous lauréats du meilleur film étranger. Michel Legrand compositeur a été nommé treize fois fois (et en a remporté trois). Il et se trouve ex aequo avec le couturier Jean-Louis Berthault, mais qui lui, n’en a remporté qu’un. Sans oublier les manchots du documentaire de Luc Jacquet, La Marche de l’empereur (2006) qui avaient l’avantage d’être déjà en tenue de soirée… C. V.