Le vent s'est enfin levé pour Ken Loach

©2006 20 minutes

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« Dire la vérité sur le passé permettra peut-être de l'entendre à l'avenir. » Souvent bredouille à Cannes, Ken Loach était ravi de brandir la Palme d'or pour Le vent se lève, son film sur l'occupation anglaise en Irlande dans les années vingt. « Il y a eu unanimité entre nous », n'a pas manqué d'indiquer Wong Kar-wai quelques minutes après la cérémonie. « Ce film permet de comprendre qu'on puisse s'entretuer entre frères, a renchéri Helena Bonham-Carter, et nous a procuré une émotion qui ne nous a plus jamais quittés. »

Chacun dans le jury, de Tim Roth à Monica Bellucci, a souligné la qualité de la sélection 2006 et évoqué ses regrets : l'absence au palmarès, faute de place, de nombreux films tels ceux de Lou Ye, Pedro Costa, Aki Kaurismäki, Paolo Sorrentino... Ces « oublis » ne compensent pas l'idée que les deux « grands » films ont été négligés : Babel et Volver, plébiscités à eux deux par 50 % des festivaliers (source Médiamétrie). Inarritu et Almodovar ont dû se contenter d'accessits : prix de la mise en scène pour le premier, prix d'interprétation féminine et du scénario pour le second. Cette dernière récompense peut même paraître humiliante pour celui qui était déjà reparti, amer, avec le seul prix de la mise en scène pour Tout sur ma mère en 1999. Bruno Dumont avait alors remporté, comme cette année, le grand prix du jury.

Stéphane Leblanc