Piéplu : « C'est tout pour aujourd'hui »

©2006 20 minutes

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Mort mercredi à 83 ans, Claude Piéplu collectionnait à tout va, luttait contre le nucléaire et ne jouait plus que des auteurs vivants depuis 1975. Fasciné par la création contemporaine et « militant du spectacle vivant », il avait naturellement pris à rebrousse-poil les conventions du jeu d'acteur et avait dit adieu au répertoire classique. « Je suis plutôt porté vers le troisième ou quatrième degré des choses, par la distanciation. » Bien sûr, à vouloir jouer la dérision et le décalage, Claude Piéplu s'est compromis dans plusieurs navets. Dans sa filmographie (quarante films) surnagent malgré tout quelques chefs-d'oeuvre, souvent dans des rôles tragiques, comme dans Noces rouges de Chabrol et Le Charme discret de la bourgeoisie de Buñuel. La profession retiendra aussi des succès sur les planches, de ses débuts en 1944 aux côtés de Gérard Philippe aux dernières pièces de Jean-Michel Ribes. Le public, lui, se souviendra de la voix des « Shadoks ». Piéplu, narrateur hilarant des aventures de ces bestioles absurdes, incarnait à lui seul la loufoquerie géniale du programme télévisé. Toujours pour le petit écran, dans la série « Palace », il joua avec malice l'homme aux clés d'or, déroutant chef d'orchestre d'un navire peuplé de fous. Le comédien sera enterré demain.

Benjamin Chapon