Des tournages à l'ombre

Anne Kerloc'h

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Une photo tirée du film "Omar m'a tuer", filmé notamment dans l'ancienne maison d'arrêt de Béziers.
Une photo tirée du film "Omar m'a tuer", filmé notamment dans l'ancienne maison d'arrêt de Béziers. — MARS DISTRIBUTION

Un décor de rêve, avec murs de vertige et grilles de fer. Le ministère de la Justice a publié mercredi au Journal officiel les tarifs et conditions de tournage dans les bâtiments pénitentiaires. Pour un film ou une pub dans une maison d’arrêt désaffectée (le must), c’est 7800 € la journée et 720€ pour un court métrage. Le tout hors frais d’électricité, de sécurité et de nettoyage.

Du réel pour les réalisateurs

Avec la création de l’Agence du patrimoine immatériel de l’Etat (Apie) en 2007, les administrations peuvent en effet rentabiliser leur image. Depuis juin 2009 et jusqu’au 31 janvier 2012, 55 tournages de films, pub ou fictions ont ainsi eu lieu dans des bâtiments de la pénitentiaire, le plus souvent déserts ou fermés.

Exemples récents? Le Havre de Kaurismaki, qui a installé sa fable humaniste, entre autres décors, au centre pénitentiaire du Havre avant son ouverture. Crime d’amour d’Alain Corneau a été tourné à la nouvelle maison d’arrêt du Mans. Les Lyonnais d’Olivier Marchal, quant à eux, ont pris leurs quartiers dans l’ancienne prison de Lyon, et "Omar m’a tuer" de Roschdy Zem, dans l’ancienne maison d’arrêt de Béziers.

Le réalisme des lieux inspirent les réalisateurs. «Nous sommes dans une démarche de professionnalisation de l’accueil des équipes de tournage, qui s’inscrit elle-même dans une démarche gouvernementale», précise-t-on du côté de l’administration pénitentiaire. Et de noter que les sollicitations «signent l’intêret de la production cinématographique pour les décors naturels de ses établissements».

En revanche, il ne pas faut trop rêver y tourner une téléréalité du genre «Cachot Story» ou le clip de votre chanson engagée «Le monde entier est un mitard». Son image, l’administration peut la louer, mais elle y veille !