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MIDEM

Musique: Le marché du numérique a franchi le cap des 100 millions d'euros en 2011

Ce marché représente aujourd'hui 21% de celui de la musique enregistrée en France selon le SNEP, le syndicat regroupant les majors de la musique...

De notre envoyée spéciale au Midem

Le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP) a dévoilé ce lundi son bilan du marché de la musique enregistrée en 2011 dans le cadre du Midem, marché international de l’édition musicale. Le syndicat a commencé par annoncer une mauvaise nouvelle: l’an dernier, le marché de la musique enregistrée a représenté 617,2 millions d’euros, une baisse de 3,9% par rapport à 2010. Les ventes physiques ne parviennent pas à remonter la pente et ont accusé un recul de 11,5% en 2011. En revanche, fait marquant, le marché de la musique numérique a connu un bond de 25,7% en 2011 par rapport à l’année précédente. «Le cap des 100 millions d’euros a été franchi [110,6 millions pour être exact], nous étions à 88 millions d’euros en 2010», s’est réjoui le syndicat. «Cela représente aujourd’hui 21% des ventes de musique enregistrée.»

Cette somme comprend les revenus générés par les abonnements comme sur Spotify et Deezer (23,5% des revenus numériques), les revenus du streaming financé par la publicité (12,5%), le téléchargement Internet (51%), la téléphonie mobile (13%). Les revenus du streaming (gratuit et par abonnement), en particulier, ont fortement progressé à 40 millions d’euros en 2011. C’est +74% par rapport à 2010.

Le SNEP s’attend à une inflexion d’ici 2013 ou 2014

Globalement, le marché de la musique en France en 2011 était en meilleure santé que celui de la Belgique et de l’Espagne. Mais il y a encore du chemin à faire pour atteindre le même bilan que la Suède, les Etats-Unis et l’Allemagne, pays «stabilisés». Le premier, où est née la plateforme de musique en ligne Spotify, a connu une forte croissance du marché du numérique (+70% selon le SNEP). Aux Etats-Unis, la musique numérique a dépassé pour la première fois les ventes physiques l’an dernier. Et pendant ce temps, outre-Rhin, les ventes de disques sont restées stables. «Le pari du numérique est en passe d’être gagné en France. On espère qu’il y aura une inflexion l’année prochaine ou dans deux ans», a indiqué le SNEP. 

Légaliser le P2P, «un message catastrophique» 

A quatre mois de l’élection présidentielle, le syndicat des majors a évoqué le piratage et la loi Hadopi, que François Hollande, candidat socialiste, souhaite voir remplacée par autre chose. Le SNEP ne veut pas la voir disparaître. Pascal Nègre, le président d’Universal France, a rappelé un chiffre du cabinet Nielsen: «Deux millions de personnes ont quitté les réseaux peer-to-peer (P2P)» depuis octobre 2010. Par ailleurs, son syndicat note que cette baisse de fréquentation «a été trois fois plus forte en France» qu’ailleurs en octobre 2010 et octobre 2011 (-29,4%). Une donnée mise en parallèle avec la croissance des audiences que connaissent les plateformes légales (+7,7 millions de visiteurs uniques entre 2010 et 2011). Le SNEP ne croit pas que les utilisateurs se soient rués vers le direct download. «Cela reste marginal», selon Pascal Nègre. 
Quant à la légalisation du peer-to-peer, évoquée par l’équipe de François Hollande, il s’agit d’un «message catastrophique, qui viendrait ruiner les efforts faits par les plateformes», selon Denis Ladegaillerie, président du SNEP.

Le syndicat estime par ailleurs que les efforts doivent être décuplés pour que l’offre légale sur Internet soit mieux connue des Français. «Il y a un déficit de notoriété de l’offre, alors qu’il y a un vrai désir d’en savoir plus de la part des consommateurs», note le syndicat. 

>> Et vous, comment avez-vous consommé la musique en 2011? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous…

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