Noé, l'enfant terrible devenu parrain

©2006 20 minutes

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Gaspar Noé a donné à Cannes matière à scandale. Dès ses débuts à la Semaine de la critique avec le moyen métrage Carne (1991) puis le « long » Seul contre tous (1998), cet homme à la voix douce et au sourire discret s'est imposé comme un cinéaste qui n'a pas froid aux yeux. Irréversible, en compétition de la sélection officielle en 2002, a enfoncé le clou. Le public quittait massivement la salle pendant une éprouvante scène de viol de sept minutes mettant en scène Monica Bellucci. Tout fier d'avoir été choisi comme parrain de sa « première famille » cinématographique, Gaspar Noé va y montrer Destricted, film à sketchs X, dont il a réalisé le segment We Fuck Alone. Il sera aussi présent en sélection officielle, hors compétition, pour sa participation à 8, série de courts métrages consacrés au thème du sida.

Les honneurs n'ont pourtant pas donné la grosse tête à ce grand timide, passionné de cinéma, et vieux routier de la Croisette, « un endroit où l'on peut se faire aduler ou conspuer, parfois les deux à la fois ! » Nul doute que Gaspar Noé va savoir communiquer son amour pour le septième art aux jeunes réalisateurs qui lui ont succédé dans la sélection de la Semaine de la critique.

Caroline Vié