Tout le monde dit «I love Paris»

©2006 20 minutes

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Le Louvre du Da Vinci Code cède aujourd'hui sa place à d'autres monuments et quartiers parisiens. « Paris je t'aime », vaste projet orchestré par la productrice Claudie Ossard et présenté en ouverture de la section Un certain regard, livre dix-huit points de vue de cinéastes sur la capitale. Non pas vingt courts métrages comme prévu (Jean-Luc Godard et Woody Allen se sont désistés), mais bien dix-huit, qui privilégient plus la notion de quartier que d'arrondissement. L'ensemble, forcément disparate, constitue pourtant un tout cohérent et de haute valeur artistique.

La palme revient aux frères Coen qui ont su rendre Steve Buscemi irrésistiblement drôle sur son banc du métro Tuileries. Mais on admirera aussi Walter Salles et Daniela Thomas, auteurs d'un film d'une rare sensibilité sur les différences de classes sociales dans les beaux quartiers. Ou Alexander Payne, seul cinéaste à avoir traité le sujet du titre à la lettre (et de quelle manière !), en livrant le plus simplement du monde toutes les raisons qui font qu'un étranger tombe fou de Paris. Les autres cinéastes se sont plutôt emparés de clichés (Paris cosmopolite, Paris des amoureux), qu'ils ont ensuite détournés avec plus ou moins de brio (ah ! les amants magnifiques de Tom Tykwer du côté du faubourg Saint-Denis) ou de maladresse (oh ! les vilains vampires de Vincenzo Natali à la Madeleine). Rien toutefois qui n'atténue l'excitation que suscite ce florilège de courts métrages, à savourer en salle le 21 juin.

Stéphane Leblanc

18 courts métrages de 5 minutes composent le film Paris Je t'aime. 41 longs métrages ont déjà été tournés au château de Versailles. 62 % des touristes étrangers décident de passer leurs vacances en France après avoir vu un film au cinéma. 24 000 euros. C'est le prix payé par l'équipe du Da Vinci Code pour tourner au Louvre entre 18 h et 8 h du matin. 40 000 euros. C'est le coût d'une semaine de location du château de Champs-sur-Marne pour Marie-Antoinette.