Les revenus de la musique numérique en hausse de 8% dans le monde en 2011

CULTURE La Fédération internationale de l'industrie phonographique (Ifpi), qui dévoile ce chiffre, estime que les mesures prises contre le téléchargement illégal ont porté leurs fruits, en France particulièrement...

Anaëlle Grondin

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Un internaute écoute de la musique en ligne via la plateforme Deezer.
Un internaute écoute de la musique en ligne via la plateforme Deezer. — LYDIE/SIPA

En ce début d’année, l’Ifpi est optimiste. L’organisation internationale qui regroupe les producteurs de disques vient de dresser son bilan 2011 concernant le marché de la musique numérique dans le monde, et son premier constat est le suivant: les ventes de musique sous format numérique ont généré 5,2 millions de dollars, soit 8% de plus qu’en 2010. Des revenus qui pèsent aujourd’hui près d’un tiers du marché de la musique enregistrée (32%).

En France, les ventes de singles ont augmenté de 23% et celles d’albums digitaux sont en hausse de 71%,  selon le rapport de l’Ifpi. Du côté des abonnements, la fédération souligne que le nombre total de souscriptions payantes a bondi de 65% pour atteindre 13,4 millions d’abonnés dans le monde, contre 8,2 millions en 2010. Les Etats-Unis, qui représentent le plus gros marché du monde, tirent leur épingle du jeu. Pour la première fois, le marché numérique a dépassé le marché physique en 2011 outre-Atlantique avec 50,3% du marché en volume et 52% en revenus.

Deux millions d’utilisateurs de P2P ont cessé leur activité illégale

Ces bons résultats globaux sont attribués à la multiplication des plateformes légales. Les services comme Deezer, Spotify et iTunes, qui proposent de télécharger de la musique ou d’écouter des titres en streaming de manière légale sont désormais disponibles dans 58 pays contre 23 l’an dernier, indique le bilan de l’Ifpi.

Pour la fédération, le piratage reste «un obstacle énorme» à la croissance des revenus numériques pour l'industrie musicale. «Dans le monde, un internaute sur quatre (28%) utilise régulièrement des sites illégaux», affirme l’Ifpi. Pour résoudre ce problème, elle recommande «un ensemble de mesures, incluant réponse graduée, blocage de sites et autres».

La fédération salue ainsi les mesures prises contre le téléchargement illégal, en particulier en France. Le piratage via les réseaux peer-to-peer (P2P) a reculé de 26% depuis l’adoption de la loi Hadopi et l’envoi des premiers avertissements en octobre 2010, d’après l'IFPI qui se base sur des chiffres de Nielsen. Près de deux millions d'utilisateurs de P2P ont ainsi cessé cette activité selon le cabinet d’études. Des chiffres «encourageants» dont se félicite l’Hadopi dans un communiqué

Un impact positif de l’Hadopi sur les ventes numériques?

L’Ifpi va encore plus loin en affirmant que l’Hadopi a eu un impact positif sur les ventes iTunes en France en citant une étude menée par quatre universitaires américains, selon laquelle la riposte graduée a permis d’augmenter de 13 ,8 millions d’euros par an les revenus de la plateforme d’Apple. Toutefois, leurs conclusions sont à prendre avec des pincettes, affirme Electron Libre, qui note plusieurs faiblesses. «Sachant que le marché des smartphones a progressé de 300% en France entre le premier trimestre 2009 et le premier trimestre 2011 et qu’iTunes réalise 30% de ses ventes sur iPhone, cette tendance n’a-t-elle pas eu un impact direct sur les performances de la plateforme sur notre territoire, qui pourrait se distinguer de l’impact éventuel de la loi Hadopi sur le comportement des internautes ?», s’interroge à juste titre le site. 

>> Et vous, avez-vous acheté de la musique sous format numérique en 2011? Si oui, quelles plateformes privilégiez-vous? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous.