Zebda: «C'est la même histoire qu'on essaie d'enrichir»

MUSIQUE Le groupe toulousain signe son retour pour l'année présidentielle...

Propos recueillis par Julie Duquenne

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Magyd et Mouss, de Zebda.
Magyd et Mouss, de Zebda. — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

Se séparer pour mieux se retrouver. Après huit ans de break, les Zebda n'ont pas pris une ride (quelques cheveux blancs, peut-être) et livrent un nouvel opus, «Second tour», avec la même ferveur qu'à leurs débuts.

Depuis 2004, vous étiez «en sommeil». Qu'est-ce qui vous a réveillé ?

Magyd Cherfi : Au long de ces années, je me suis rendu compte que Zebda était resté une mécanique vivante dans ma tête. Comme si le moteur ne s'était pas arrêté. J'ai voulu l'arrêter, mais je ne l'ai pas fait, parce qu'il faisait partie de moi.

Dans votre nouvel album, on retrouve les influences de la chanson et du rap...

Mouss Amokrane : Ce qui nous caractérisera toujours, c'est le rapport entre l'écriture et la rythmique, entre chanson et hip-hop, entre Nougaro et IAM.
Votre plume est toujours engagée...

Magyd : Oui, mais j'espère avec un peu plus de finesse, d'humour, de seconde lecture. Mais, c'est finalement la même histoire qu'on essaie d'enrichir, en abordant des thèmes comme l'immigration, la mélancolie ou l'exclusion, avec de nouveaux angles. On pourrait écrire dix tomes là-dessus !

Allez-vous prendre position dans la campagne présidentielle ?

Mouss : S'il le faut, on prendra position et on votera utile. Ce qui est sûr, c'est qu'on veut le changement. On a affaire à un groupe de politiques particulièrement arrogant, manipulateur et destructeur d'un modèle de société. On est idéalistes, on rêve d'une société généreuse, solidaire, qui aiderait les exclus.

Ça va être possible

Zebda mène une campagne de Second tour, sans concession. Au sein même des titres les plus festifs et dansants, le groupe insinue des textes à la fois engagés et malins.