L'Alpe d'Huez rigole tout schuss

C. Pudlowski, envoyée spéciale à L'Alpe d'Huez

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Omar Sy, Eric Toledano, Audrey Fleurot et Olivier Nakache dérident l'Alpe d'Huez.
Omar Sy, Eric Toledano, Audrey Fleurot et Olivier Nakache dérident l'Alpe d'Huez. — PLV / SIPA

Au top : Intouchables et ses 18 millions d'entrées. En comptant Rien à déclarer, Les Femmes du 6e étage, Case départ et Les Tuche… les comédies françaises ont réuni en 2011 plus de 31 millions de spectateurs. Hollywood peut aller se rhabiller.

En phase avec l'époque
A l'Alpe d'Huez, dont le festival international du film de comédie fête ses 15 ans cette semaine, l'enthousiasme est palpable. « Avant, la comédie c'était ringard. C'est devenu un genre respecté, respectable et financé ! », se réjouit Stéphane Freiss, venu présenter son court métrage It Is Miracul'House. « Les acteurs ont été frustrés de ne pas voir les comédies qu'ils voulaient, ni d'avoir les rôles qui leur faisaient envie, alors ils se sont mis à réaliser eux-mêmes », explique-t-il. Dans la comédie française, les casquettes d'acteur et de réalisateur se mélangent. Géraldine Nakache, Jean-Paul Rouve ou Gilles Lellouche en sont la preuve. « Les comédies ont connu un creux pendant les années 1990 », juge Romain Lévy, 34 ans, qui présente au festival son premier film, Radiostars. « On allait au cinéma et on se disait : “Moi, ma vie, c'est pas ça.” Les réalisateurs se sont donc échinés à faire des films plus en phase avec leur époque. « Par exemple, les femmes ont plus de place dans la comédie, elles sont moins des faire-valoir », se réjouit Audrey Fleurot, présidente des Etats-Unis dans Mais qui a retué Pamela Rose ?
En même temps que les métiers se décloisonnaient, les médias aussi. « Il y a une nette influence du stand-up dans la comédie actuelle », juge Arié Elmaleh, à l'affiche de Plan de table, de Christelle Raynal. Scène, télé, ciné se sont en effet partagé Jean Dujardin ou Omar Sy. Or ces autres mondes ont des traditions moins « élitistes », plus « populaires », avance Romain Lévy, qui a écrit pour le petit écran. « C'est plus facile ensuite d'appliquer le mot d'ordre d'Hitchcock, qui disait que l'art du cinéma, c'est de remplir les salles… »