Paris: L'histoire de France prend du relief au Grand Palais

EXPOSITION La nef du Grand Palais accueille depuis mercredi seize plans-reliefs de villes françaises...

Stéphane Leblanc

— 

La nef du Grand Palais est métamorphosée pour accueillir les seize maquettes de villes françaises, dont par exemple, les défenses de Vauban à Strasbourg.
La nef du Grand Palais est métamorphosée pour accueillir les seize maquettes de villes françaises, dont par exemple, les défenses de Vauban à Strasbourg. — Photos : A. GELEBART / 20 MINUTES

Avec la 3D, le cinéma n'a rien inventé. Tout aussi spectaculaire, le plan-relief, ancêtre de la carte d'état-major, est apparu il y a près de 500 ans. Et son histoire, intimement liée à la géographie, devrait faire le bonheur des visiteurs de la nef du Grand Palais, un mois durant, à Paris.

Evaluer les failles en défense

Seize maquettes de villes frontalières, des Alpes à la côte Atlantique en passant par l'Alsace et les Flandres, enjeux stratégiques et militaires pour la France de Louis XIV à Napoléon III, sont exposées sur des tables gigantesques.

Ces maquettes au 1/600 sont indissociables de l'évolution de l'artillerie et de l'invention du boulet, qui, dès le XVe siècel, pilonnait les villes assiégées. Le plan en 3D, avec ses dénivelés, permettait d'évaluer les failles en défense, comme on dirait au foot. En France, c'est Louis XIV qui imposa le plan-relief. Luxembourg, Strasbourg, Besançon… Il fallait protéger ses conquêtes. « Les maquettes sont devenues de plus en plus grandes du fait de l'accroissement de la portée des canons », raconte Max Polonovski, un des commissaires et directeur du musée des Plans-reliefs.

Des miroirs pour démultiplier les perspectives

Conçue en partenariat avec son « petit » musée situé depuis 1997 dans une galerie des Invalides et le futur « grand » musée de l'Histoire de France, qui ouvrira en 2013, l'exposition « La France en relief » offre une occasion exceptionnelle de découvrir des pièces qui, pour beaucoup, étaient devenues invisibles, car rangées dans des caisses. Elles ont pourtant toujours eu vocation à être exposées.

Au Grand Palais, des panneaux soulignent à quel point Napoléon III était fier de montrer le plan-relief de Cherbourg, le dernier et le plus grand jamais réalisé (160 m2), à la reine Victoria. L'exposition ne manque pas d'anecdotes et d'aspects ludiques, comme cet habile jeu de miroirs qui démultiplie les perspectives, tandis que des longues vues permettent au visiteur de se prendre pour Napoléon perché sur une colline.

Enfin, des cartographies numériques de ces villes sont présentées en partenariat avec Google, prouvant que cette histoire n'est pas tout à fait terminée.