« J'avais envie de pop, de piano et de batterie »

Recueilli par Benjamin Chapon

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Il a un sourire sympathique que ses chansons sombres et tendues ne laissent pas deviner. Avec trois albums et plusieurs vies de compositeur à son actif, Da Silva s'était installé dans le gotha des musiciens qui comptent.

En 2010, il traverse une crise créatrice, d'où sort ce viscéral album, La Distance.

C'est déjà votre quatrième album…
(Soupir). Je ne voulais pas faire de quatrième album. Je ne pouvais plus m'entendre en guitare-voix. C'était devenu systématique. Sur mon troisième album, tu pouvais intervertir des phrases de différentes chansons, ça n'aurait dérangé personne. J'ai cherché de nouvelles sonorités et de nouveaux sujets. Ça m'aura pris du temps pour me renouveler…
Vous avez changé de méthode d'écriture ?
Ce n'est pas vraiment une nouvelle méthode, j'ai surtout brisé l'ancienne. Chez moi, j'ai tout explosé. J'ai changé de champ lexical et j'ai arrêté d'écrire plusieurs chansons en même temps. D'habitude, j'écrivais en tournée. Là, j'ai tout écrit chez moi.

Avec une ligne directrice ?
Je ne voulais pas d'un nouvel album autour de la guitare. J'avais envie de pop, de piano et de batterie. En tournée, les gens me demandaient pourquoi mes albums n'avaient pas la même énergie que mes concerts. Ça m'a attristé et fait cogiter.

C'est pour ça que vous avez démissionné de votre label ?
Oui. J'ai eu un gros coup de blues, ça a été très dur, une année très violente. J'ai eu peur aussi. Puis, j'ai beaucoup travaillé. Mais, ça valait la peine. Là, je suis fier du résultat.

Plus pop, mais pas moins sombre que vos précédents albums…
Je n'ai jamais été dans l'hyperréalisme béat. Je veux écrire des chansons qui font ressentir des choses physiques.