« Pour la dernière, je vais pleurer »

Recueilli par Stéphane Leblanc

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J. C. BOTT / KEYSTONE / AP

Cinquante ans de carrière, le bon moment pour baisser le « rideau ». C'est le titre du spectacle qu'il tourne, à Paris puis en région. Mais Guy Bedos le pense-t-il vraiment ?

Alors, vous partez ?
Aznavour m'a dit : « Méfie-toi, moi ça fait dix ans que je fais mes adieux. » Mais je suis sincère. A 77 ans, je veux prendre le temps de vivre, d'écrire, voyager…
Quels sketchs pour vos adieux ?
Ce n'est pas un meeting, mais ça y ressemble. Je milite pour un certain changement dans notre pays. Et il y a des gens que je zapperais volontiers.
Par exemple ?
Notre président. J'ai été approché par Sarkozy. Il est malin, mais faire le malin avec moi, ce n'est pas malin. Le pire, c'est Guéant. Hortefeux, à côté, c'est Che Guevara ! Je vous rassure : je taquine aussi des gens de gauche…

Vos héritiers chez les humoristes ?
Il y a des demandes de parrainage qui frôlent le plagiat. Je préfère l'originalité d'un François-Xavier Demaison… ou d'un Coluche, qui a longtemps refusé de parler de politique. Il m'appelait papa.
Et votre fils Nicolas ? Qu'avez-vous pensé de son incartade sur Arte ?
Je n'ai jamais parlé à une femme sur ce ton. Mais lui, c'est son langage pour draguer. On voit bien que la fille est ravie.
Rien à voir avec votre hommage aux yeux bleu piscine d'Anne Sinclair ?
Elle l'a bien pris, car elle a de l'humour.
Elle l'a prouvé dernièrement…
Le scénario est horrible, mais Strauss-Kahn a eu moins de chance que d'autres.
A vos débuts, le politiquement correct n'existait pas…
Mais la censure, je connais ! J'étais tricard à la télé sous Giscard, mais Drucker m'a soutenu et je l'ai défendu quand la gauche lui a reproché d'inviter Le Luron.

Et à l'heure d'Internet ?
Je vois les avantages, mais les inconvénients ne m'ont pas échappé. N'importe qui peut dire n'importe quoi. Et ça suscite des vocations de lettres anonymes.
Vous avez pris l'habitude de finir vos spectacles par votre mort…
Oui, j'en ris et de celle des spectateurs aussi. Parler de la mort, c'est amusant quand les gens sont vivants. Quand Desproges a fait ma nécro, c'était très drôle.
Vous tournez jusqu'en mai ?
Je vais au bout des élections. Et pour la dernière, je crois que je vais pleurer.

intégrale Retrouvez cette interview en intégralité sur 20minutes.fr.« Rideau ! »Au Rond-Point jusqu'au 14 janvier, puis en tournée.Vidéo « Bedos, la vie est une comédie italienne », en coffret DVD.