Les inquiétantes petites vierges de Laura Kasischke

Karine Papillaud

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U. ANDERSEN / SIPA

Des ados, un campus et du surnaturel : non, ce n‘est pas le énième opus de Stephenie Meyer, c'est le nouveau Laura Kasischke. Une écrivain américaine qu'il faut découvrir, comme ce fut le cas pour Paul Auster : succès d'estime sur quelques livres, avant la reconnaissance du grand public. Les Revenants (éd. Christian Bourgois) commence avec la mort d'une étudiante dans un accident de voiture, suivie bientôt par des appels étranges et des apparitions de la jeune morte sur le campus. Son ex-petit ami aidé par une enseignante iconoclaste et un colocataire, qui en sait plus long qu'il ne le dit, cherchent une explication à ces phénomènes.

De jolies filles lisses
Si Les Revenants entrent aisément dans la catégorie du polar avec une tension dramatique électrique, le roman a d'abord le « cachet Kasischke » avec des descriptions langoureuses, le goût de l'atmosphère et la musique de la langue. Ses héroïnes sont des jeunes filles de la petite bourgeoisie américaine, inquiétantes de beauté et de chevelures trop lisses. Les rituels initiatiques des puissantes confréries étudiantes américaines sont dans la ligne de mire de Kasischke et offrent le pendant social d'un roman à l'architecture fouillée. Il y a un peu d'Antonioni dans les évanescences de Kasischke, et beaucoup de John Cheever dans la férocité des apparences, d'autant plus fortes et trompeuses qu'elles dissimulent des hontes collectives.

Solide bouche à oreille

De La Vie devant ses yeux à La Couronne verte, Laura Kasischke a conquis en sept romans un large cercle de fidèles en France. Aux Etats-Unis, la romancière est aussi connue pour son œuvre de poète. La romancière Laura Kasischke.