La Carte musique jeune retente sa chance

CULTURE Alors que Frédéric Mitterrand déplore l'échec du dispositif lancé en octobre 2010 sur le Net, celui-ci joue sa dernière carte en débarquant en version physique dans les magasins ce vendredi...

Anaëlle Grondin

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Le site officiel de la Carte musique jeune.
Le site officiel de la Carte musique jeune. — CAPTURE D'ECRAN/20MINUTES.FR

Le flop est retentissant. Depuis son lancement par le gouvernement il y a un peu plus d’un an, la Carte musique, destinée à lutter contre le téléchargement illicite en promouvant l’offre de musique légale sur Internet auprès des 12-25 ans, n’a pas décollé. L’idée est d’offrir à ces jeunes des titres de musique dématérialisés à moitié prix (l’autre moitié étant financée par l’Etat). «C’est plutôt décevant. Nous en avons vendu à peine plus de 50.000», a déclaré Frédéric Mitterrand dans un entretien accordé à Direct Matin, publié ce vendredi. Le ministre de la Culture a reconnu qu’il «y avait des défauts techniques», comme «une mauvaise ergonomie du site» Internet, qui a d’ailleurs subi un lifting récemment, et une «communication fragile» au moment où la Carte est arrivée sur le Net. «Nous avions surtout un handicap de fond. Nous devions faire admettre à des gens qui font les choses gratuitement qu'il faut les payer», a-t-il expliqué au journal.

Des cartes à 10 ou 25 euros en magasins

Mais le gouvernement ne baisse pas les bras. Pour faire oublier l’échec de la première Carte musique, que les jeunes pouvaient auparavant acquérir en allant sur le site lacartemusique.fr, une version physique de cette carte (comme celles que propose iTunes) fait son apparition dès ce vendredi dans plusieurs enseignes de distribution généralistes et culturelles. Il est donc désormais possible d’en acheter une à la FNAC, Carrefour, Game, Monoprix ou encore Géant Casino. Les 12-25 ans ont le choix entre deux montants: 10 et 25 euros, qui seront ensuite doublés par l’Etat et donc portés à 20 et 50 euros à consommer sur les plateformes légales partenaires (Deezer, Virgin, iTunes et une dizaine d’autres). Proposer ces offres en magasin devrait garantir à la carte musique une meilleure visibilité.

Afin de ne pas commettre les mêmes erreurs,  une nouvelle campagne de communication signée Euro RSCG C&O est venue accompagner ce lancement depuis plusieurs semaines, avec un slogan tout neuf: «Un titre acheté, un titre offert» (qui remplace «2 fois plus de musique»). Cinq abris de bus ont également été relookés à Paris avec des images d’artistes partenaires (Ayo, BB Brunes, Kitsuné, Oxmo Puccino et Pony Pony Run Run) et permettent aux passants de découvrir leur musique en branchant leurs écouteurs.

«En un an, les choses ont changé. Non pas grâce à la répression mais grâce à la pédagogie», a estimé Frédéric Mitterrand, qui espère que cette deuxième tentative sera la bonne. Pourtant, l’Assemblée nationale envisage de diviser par deux le budget alloué à cette fameuse Carte musique. «C’est un signal de l’austérité générale mais je veux me battre pour que cela ne soit pas mis en œuvre si la carte physique marche bien», a-t-il affirmé.