Les superhéros américains redébarquent en force

COMICS La BD franco-belge muscle ses catalogues...

Olivier Mimran

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Les comics américains envahissent les rayonnages des librairies spécialisées.
Les comics américains envahissent les rayonnages des librairies spécialisées. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Préparez-vous à une invasion de gros balèzes en collants moulants: les superhéros made in USA établissent plus que jamais leurs quartiers généraux en France. Fini le ghetto des geeks et des éditeurs spécialisés, tous les grands s'y mettent: Dargaud vient de souffler la licence DC Comics (Batman, Superman…) à Panini, Glénat a créé un label «comics» (axé sur les superhéros indépendants, non issus des catalogues des «monstres», DC Comics et Marvel) et de nouveaux éditeurs voient le jour.

Aimer les superhéros, ce n'est pas sale

Comment expliquer un tel revirement éditorial? Pour Thomas Rivière, futur éditeur de Glénat Comics, «cela tient d'abord au succès des films de superhéros, de plus en plus nombreux. Ça marche [Batman et Spider-Man comptent parmi les vingt plus grands cartons historiques du cinéma mondial] et ça dure! L'édition peut naturellement tirer des bénéfices de cet engouement.»

Une légitimité et une nécessité quand, pour la première fois depuis 10 ans, les chiffres de la BD accusent une légère baisse. Ce qui implique un autre argument musclé [et en combinaison moulante] selon Fabrice Sapolsky, éditeur en chef d'Atlantic BD: «Alors que le contexte économique est compliqué, l'exploitation d'un comics est moins coûteuse que celle d'une BD originale».

Pour autant, un investissement moindre et un succès quasiassuré suffiront-ils à vaincre les préjugés dont étaient victimes les fans de BD de superhéros, considérés en gros comme des «nolife» généralement de sexe masculin, avec des problèmes dermato, une nourriture de base comprenant des chips et une vie sociale aussi trépidante qu'un aquarium vide? Pour Sébastien Dallain, directeur de la publication de Panini Comics (qui «règne» sur la diffusion de comics en France depuis plus de 15 ans), «réserver les comics aux geeks, c'était faire abstraction de l'évidente évolution des mœurs. On n'a plus honte de dire qu'on aime les superhéros.» Reste à voir, au pays d'Astérix, si la déferlante «d'envahisseurs» sera aussi conquérante qu'espérée.